dimanche 19 décembre 2010

Chronique de la relativité géographique des adjectifs qualificatifs

Kaboul ! Kaboul où l’on manque de tout sauf de combattants. Kaboul où l’on ne jette rien sauf des bombes. Kaboul qui fonctionne au système D : D comme débrouille, D comme dérobé, D comme démonté, D comme durable. Kaboul où, grâce au système D justement, on finit par trouver de tout. Et notamment de l’intelligence, du savoir faire, des solutions là où, depuis longtemps déjà, nous avons baissé les bras, arrêté de chercher et donc de trouver.

Il y a à Kaboul un quartier où l’on récupère, démonte, répare tout ce qui touche de près ou de loin au numérique et à l’informatique. Avec 3 appareils photos en panne -pas forcément de la même marque- on vous en fait un en état de marche. Dans ce capharnaüm on trouve de tout puisqu’encore une fois, on ne jette rien. Rien ne s’y perd, rien ne s’y crée, tout s’y transforme. Lavoisier devait avoir des origines afghanes. Le contraire de nous qui jetons tout et ne trouvons rien. On y enseigne, aussi, la maitrise de l’outil informatique, dans des conditions inacceptables pour nous.

Cette info, péchée dans la revue l’Ordinateur Individuel de ce mois ci, me ramène une fois de plus à redire tout ce qu’il y a à apprendre des gens de peu, des pays de peu ; tout ce que le confort technique et l’abondance nous ont fait perdre.

Et nous qu’avons-nous en face ? Un premier ministre en quasi chômage depuis 2007, tant il est phagocyté par le Président et qui, à défaut de pouvoir changer la vie du pays essaye de prévoir le temps qu’il va y faire. Doit-il se sentir impuissant le pauvre François pour suivre aveuglément sa cellule de conseil en communication qui n’a pas été fichue de lire le bulletin météo publié dans toutes les gazettes. Et que penser de la capacité à restaurer la confiance d’une équipe qui a comme priorité la qualité des prévisions météo ? A moins que tout cela ne soit qu’un écran de fumée pour parler d’autre chose que du chômage, du pouvoir d’achat ou du partage des richesses. Dans les 2 cas les élites qui nous gouvernent se moquent des citoyens.

On sait que le sens des mots peut changer dans le temps. On a trop tendance à oublier que ce sens peut également changer dans l’espace. Nous vivons dans une société du jetable ; seule solution à la marche forcée de la vente, elle-même quasi forcée. Alors l’on me dira que de plus en plus la récupération se met en place, que bientôt tous les déchets seront inscrit dans cette filière du recyclage. Mais cette solution est trompeuse car elle mène elle aussi à l’échec. Le recyclage ne fait que retarder de quelques années le problème du manque de matières premières. La seule solution consiste dans la limitation de leur consommation. La solution existe : c’est celle des bricoleurs afghans ou d’autres pays sans ressources qui consiste à recycler pour faire durer le produit et ainsi diminuer le prélèvement des matières premières. On voit par là que la nature du produit n’a rien à voir dans sa durée de vie et que le même bien qui est jetable chez nous est durable en plein Afghanistan et qu’il suffit de quelques milliers de kilomètres pour changer le sens d’un mot.

Oh bien sûr je ne suis pas naïf et je sais bien que la nature humaine est la même à Kaboul qu’à Paris et que ces pauvres devenus riches oublieront bien vite leurs anciens comportements ce qui prouvera, s’il en était besoin, qu’ils étaient motivés par la nécessité et non par l’intérêt général. En attentant, nous serions bien inspiré de prendre exemple sur eux et de faire chez nous ce qui se fait ailleurs et autrement !

vendredi 15 octobre 2010

Ce que disait Thomas Jefferson...

Un fait divers évoqué un temps par les médias nationaux puis, l’actualité aidant, laissé à la presse régionale a défrayé la chronique il y a quelques semaines et continue à faire de temps en temps la une du Midi Libre, quotidien du midi (dixit lui-même).

J’ai voulu en savoir un peu plus alors j’ai pris mon virtuel navire et j’ai navigué. Je n’ai pas eu le mal de mer mais il m’est arrivé d’avoir la nausée tant ce que j’ai trouvé exhalait les pires miasmes.

Les faits d’abord : deux jeunes filles (dont au moins une est mineure) s’introduisent dans une maison pour faire un cambriolage. Pour leur défense elles avancent avoir sonné à plusieurs reprises pour s’assurer qu’il n’y avait personne. Mais le propriétaire était là. Un vieux monsieur de 73 ans qui n’a pas répondu parce qu’il faisait la sieste ou parce qu’il n’a pas voulu répondre.

Quand il entend du bruit il se réveille et prenant peur va chercher son fusil et de vieilles cartouches et paniqué, selon son avocat, tire sur les deux cambrioleuses. Puis la suite habituelle : arrivée des gendarmes, juge et puis détention provisoire et du provisoire qui dure depuis plus de 2 mois maintenant. Sentiment d’injustice dans le petit village et même la région et même un moment le pays. Un comité de soutien se créé avec blog à l’appui et j’y suis allé et je vous conseille d’y aller aussi. Il y a du beau monde. Les amis de Mr Galinier ont du être surpris de se voir soudain en si bonne compagnie. Pas moins que le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme, lui-même, s’est déplacé pour animer un dîner débat sur le thème « Le suicide des dynasties européennes ». Un sujet brulant d’actualité et en lien direct avec les problèmes de ce pauvre Mr Galinier.

On y trouve aussi le rappel d’une déclaration de Xavier Bertrand (oui celui là même le chevalier serf, servant, servile (biffer les mentions inutiles) du prince qu’on sort quand il ne pleut pas (à cause de la taille) qui s’étonne du maintien en prison de Mr Galinier suivi bientôt par nombre de ses amis politiques.

Comment voulez vous que le citoyen lambda fasse confiance aux politiques quand ils en ont comme image Xavier ou Ségolène. Sixte Henri, Xavier et tous leurs amis de l’extrême savent bien ce qu’est la légitime défense dont le bénéfice a été refusé à Mr Galinier. Mais ce qui compte c’est gagner des voix à n’importe quel prix. Pour cela il suffit de gants jetables et d’une pince à linge (à cause des mauvaises odeurs).

Alors j’entends déjà les va-t-en guerre m’invectivaient d’un « et si ça t’arrive à toi connard tu feras quoi ? » Si çà m’arrive à moi, même étant un farouche opposant de la peine de mort et de l’auto défense, il n’est pas exclu que je fasse la même chose que ce pauvre monsieur. Je vais même être encore plus clair : si un fêlé en liberté, comme il y en a malheureusement, s’acharnait sur l’un des miens, je crois que je n’aurai de cesse que de le flinguer. Et alors ça veut dire quoi ? Est-ce ce serait la justice ? Est-ce que ce serait le respect de la loi ? Non bien sûr. On serait dans le domaine de la vengeance qui relève du privé et non de l’état de droit et il serait alors juste que je sois arrêté, jugé et peut-être condamné. S’il n’en est pas ainsi où va-ton ? Vers l’anarchie, l’arbitraire, la barbarie. Car ne nous y trompons on va en trouver prêts à dégainer au premier coup de klaxon sous leur fenêtre. C’est pour éviter çà qu’au cours des siècles un état de droit s’est constitué dans notre pays ;. Ce n’est pas simple. C’est même le contraire ; c’est très compliqué de vivre ensemble, d’accepter les différences, d’entendre une autre musique, de goûter une autre cuisine. Mais quand on y arrive, n’est ce pas formidable ? Alors oui il y a des dérapages mais ne faisons des exceptions les règles. Et quand Xavier ou Sixte Henri se permettent leur commentaire, eux qui ont fait de longues études, en droit peut-être, savent très bien ce qu’ils disent, savent où peut mener leur discours de bas étage. Ils savent que ce faisant ils ne montrent que du mépris pour ceux qui les écoutent et ils savent même qu’en se salissant ils salissent la fonction qu’ils occupent. Mais peut leur importe. Ce qui compte c’est l’immédiateté et l’immédiateté c’est la prochaine élection qu’il faut gagner. Ce sont des pollueurs des esprits et comme les pollueurs de l’environnement ils n’ont rien à faire du long terme.

Nous voyons arriver vers nous toute la misère noire du monde et toute cette « nomadité » attirée par nos lumières : Lumières du siècle du même nom, lumières d’un pays riche, lumières trompeuses puisqu’au bout de la course il y a le rejet car on ne peut bien sûr pas accueillir toute la misère du monde.

Et pour ceux qui réussissent à s’installer, à travailler, à vivre, à fonder une famille pourquoi ne pas leur donner leur chance. On emploie beaucoup le mot « intégration » comme si cette porte étroite était le passage obligé à l’acceptation. Où a t on vu les migrants s’intégrer et oublier leur histoire, leur culture, leurs coutumes. Dans le biterrois où a eu lieu ce drame de l’auto défense, après la guerre d’Espagne, au moment de la Retirada, se sont installés des centaines de milliers d’espagnols. Une étude démographique a même montré que dans certains villages, plus des trois quart de la population est d’origine espagnole. La conséquence la plus visible en est la place prise par les coutumes, les fêtes espagnoles. Qui s’en plaindra ? Et pourtant en 1939 quand ils arrivés les espingouins comme on les appelait quel accueil ont-ils eu ? Je me souviens que gamin on se foutait d’eux, encouragés pas nos aînés, on se moquait de leur tenues dépenaillées, de leur français approximatif, de leurs habitudes alimentaires ou culturelles. Ils ne se sont pas adaptés. Ils ont pris leur place. Ils ont pris la place mais il a fallu du temps. On a facilement peur de ce(ceux) que l’on ne connaît pas.

Récemment dans un débat, un journalisme italien s’étonnait de la surprise de ses collègues français présents autour du micro et qui ne comprenaient pas que les émeutes de 2005 dans les banlieues, aient pu avoir un écho important un peu partout dans le monde. Il a alors expliqué qu’au rang des nations, par son histoire, par ses grands hommes, intellectuels, savants, etc, la France étaient un phare pour beaucoup de citoyens du monde.

Je terminerai par deux citations connues de Thomas Jefferson, troisième Président des Etats-Unis mais qu’il n’est pas inutile de rappeler.

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. »

« Tout homme a deux patries : son pays et la France »

Mr Galinier va bientôt attaquer son 3ème mois de prison, il serait peut-être temps de le laisser sortir en attendant son procès.

lundi 15 février 2010

Le félon félé

J’arrive du site du PS et en page d’accueil il y a un agenda sur les débats en cours et donc en tête de liste (c’est très tendance en ce moment) une question ou plutôt deux :

Afghanistan : pourquoi rester ? Comment partir ?

Je m'ai donc volontairement mélangé les pinceaux et ajouté à cela mes troubles de la vue et mon mauvais esprit : bref au lieu d’Afghanistan j’ai lu (et je vous jure que c’est vrai !) j’ai donc lu : Languedoc Roussillon.

Alors pourquoi rester ?

Rien ne justifie que le PS, en tout cas le PS officiel, reste en LR puisqu’il n’y combat que ses ex compagnons de route. A-t-on entendu la bande à Martine et à Hélène fustiger le représentant de la majorité présidentielle ? Que nenni ! Kant (c’est un philosophe il est mort y compte plus) disait « Seigneur préservez moi de mes amis, de mes ennemis je m’en charge!». Y zont pas lu Kant au PS? Ou alors Mr Couderc serait-il tellement inexistant que ce n’est même pas la peine de gaspiller des cartouches pour l’abattre: il tombera tout seul le soir du 14 Mars ? Je ne peux pas croire que les élites roses le pensent. Couderc a été 3 fois réélu à Béziers, réélu sénateur. Ce n’était pas arrivé depuis longtemps.

Alors je vais vous aider : pourquoi rester? Pour rien puisque vous ne semblez même pas connaître l'existence de Couderc dont vous n'avez rien à faire fourbissant toutes vos armes contre Jojo le félon félé.

Comment partir?

Changer rien surtout, je crois que vous avez fait ce qu'il fallait. Après la mise à l’index de Jojo, ce sont ses comparses qui sont promis à la géhenne. Pas de place pour les traîtres au PS. C’est vrai que les traîtres au PS y en pas plus qu'ailleurs pas moins non plus d'ailleurs!

Alors maintenant que j’ai répondu à vos questions, j’aimerai bien que vous répondiez aux miennes.

Qu’allez vous décider le soir du premier tour si, comme le disent les sondages, Hélène et ses garçons se plantent ? Et si jamais il est réélu le gars Jojo, (avec ou sans votre soutien) vous allez faire quoi ? Le considérer pis qu’un suppôt de l’UMP (à propos je me répète mais ils ont un candidat dans la région si si j’vous jure). Et avec le gros bébé Jojo vous allez jeter tous ses électeurs avec l’eau du bain ?

Je l’aime pas Jojo. Je l’ai eu comme prof. Il méprisait déjà ses étudiants. Aujourd’hui je connais des gens qui travaillent avec lui. Il est méprisant, hautain, ne supportant aucune critique, ne partageant pas une once de pouvoir, familier des dérapages qui ne sont pas des accidents car il est très intelligent. Mais pourtant force est de reconnaître ses qualités comme Maire de Montpellier pendant 27 ans puis comme Président de Région. Il faut être à l’UMP ou ……au PS pour ne pas le voir.

Et pour finir j’aimerai savoir où vous achetez votre armement parce que tirer un coup de canon depuis Paris en direction de Montpellier et réussir à faire tomber l'obus sur Poitiers moi je dis respect!

mardi 2 février 2010

Liberté dépensée.....

Il y a quelques jours, notre plus bref des laids était sur la chaîne privée (privée de quoi on a une idée non ?) interrogé par le plus redoutable des inquisiteurs encore vivant : Jean Pierre Pernaud. Je te rassure tout de suite : je n’ai pas regardé parce que j’aurais eu l’impression de me salir. C’est donc en toute mauvaise foi que je livre cet interview de pure fiction.

- Monsieur le Président, comment comptez vous répondre aux préoccupations des français ?
- Les français savent que je suis très proche d’eux et que je sais les problèmes qu’ils rencontrent. Leur premier souci, et toutes les enquêtes d’opinion le montrent (en tout cas la dizaine que je reçois tous les matins) leur premier souci reste l’emploi. Et bien je suis heureux de vous annoncer que je vais relocaliser et relancer les vieux métiers.
- Qu’entendez vous par vieux métiers Monsieur le Président ?
- Ce n’est pas à vous que je vais faire l’injure de rappeler ce que sont nos métiers disparus et je vais vous faire un aveu : c’est en regardant votre excellent journal télévisé de la mi-journée que l’idée m’en est venue.
- Ah bon ? Mais comment cela se peusse, Monsieur le Président?
- Prenons un exemple précis que vous avez évoqué il y a déjà quelques mois : les sabotiers. Du diable si je sais où vous allez dénicher cette manne d’informations mais j’ai vérifié et bien oui, il n’y a presque plus de sabotiers en France. Et bien à partir de ce village dépeuplé du Jura que vous avez découvert ; comment s’appelait il déjà ?
- Fouzydonc les 3 sabots. Monsieur le Président.
- Oui c’est çà Fouzydonc les 3 sabots. Savez vous que mon ami Obama l’a baptisé « Jurassic Village » ? Etonnant non ? Et bien à partir de ce village perdu je vais relancer l’industrie de la chaussure en France.
- Mais comment allez vous faire Monsieur le Président, le sabot n’a plus de débouchés depuis longtemps.
- C’est exact mais que croyez nous que nous fissions avec mon équipe depuis presque 3 ans. Nous nous attachons à faire vivre les Français au niveau de leur moyen et naturellement, ces moyens ayant diminué, le temps est venu de remettre le sabot à la mode et j’ai donné l’exemple.
- Mais comment ? Vous Monsieur le Président ?
- Mais oui. Après avoir créer l’ uaimepet j’en ai fais un parti galoche et de la galoche au sabot il n’y a qu’un pas si vous me permettez ce trait d’esprit.
- Que vous êtes drôle Monsieur le Président !!!Il m’arrive de penser que les Français ne vous méritent pas !
- Oui je sais tout le monde me le dit. Mais laissez moi poursuivre mon exposé. Lorsque la crise aura terminé ses effets, et malgré tous les efforts que nous avons déployé pour l’enrayer, le sabot sera redevenu à la mode car la chaussure sera, elle, devenue un produit de luxe. Nous inonderons alors le marché français puis le marché européen et enfin la planète entière avec nos sabots. Comme il n’y a plus d’industrie de la chaussure en France depuis longtemps nous ne ferons concurrence à personne chez nous. Et puis enfin, il y a, dans le sabot, une niche d’emplois que personne n’a jamais évaluée. Et puis surtout le sabot est un vieux symbole de notre culture.
- Ah bon ?
- Mais oui, pensez à nos expressions pleines de sagesse : « ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot », pensez à la fable de ce bon Monsieur de la Fontaine « le savetier et le financier ». Je vous le dis et je le dis aux Français qui nous écoutent par millions ce soir : la solution a nos problèmes se trouve dans le retour à nos valeurs fondatrices et le sabot en est un vivant symbole. Je tenais à le dire au pays et je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de le faire.

Le Président se lève pour quitter le studio car il a dit ce qu'il avait à dire et puis surtout il ne supporte pas le champagne tiède.

- Un instant Monsieur le Président, je n’ai pas fini de cirer la deuxième chaussure…

vendredi 22 janvier 2010

Printemps!

Après ces jours maussades à mon cœur et aux corps des pauvres bougres qui vivent ou plutôt qui crèvent dehors, le soleil est enfin revenu et avec lui l'horizon se dégage. Merci à toi Hélios de réchauffer la terre. Tu vois je ne t'en veux pas de m'avoir balancer à Déméter quand j'ai enlevé sa Perséphone chérie. Mais assez d'histoire de famille et chacun sa croix -n'est ce pas Jésus-?

Le printemps est là, tout proche. Je le sens, j'en ai en "vie", j'en ai besoin comme rarement, comme jamais. Je vois de la vie qui se presse partout: dans les arbres dont les branches semblent moins sèches qu'il y a un mois, sous les feuilles mortes oubliées dans le jardin, dans les chattes qui commencent à onduler sur mon toit, dans les oiseaux d'hiver que je sens sur le départ, et dans ceux de l'été que je sens eux aussi pressés d'arriver, dans les jours qui allongent depuis un mois maintenant et qui sont déjà promesse de fruits murs alors que leurs fleurs génitrices ne sont pas encore écloses,dans la fourmilière au pied du grand pin parasol dont les habitantes ont commencé les allées et venues en prévision de la prochaine mauvaise saison alors que celle-ci n'est pas terminée, dans l'arbousier dont tous les fruits sont tombés et dont les fleurs ont séchées, dans l'amandier qui le premier donnera des fleurs et dont les bourgeons vont bientôt se gonfler, dans l'abeille appliquée qui, comme la fourmi, passe sa vie à prévoir le pire ( que n'ayons nous des dirigeants de cette espèce pour avoir du pain pour chacun!), dans les peupliers du voisin qui vont bientôt me balancer tous leurs chatons dans la cuisine (mais vas-y mon ami je ne t'en veux plus, c'est fini, plus jamais je ne te maudirai ni ne te menacerai de la meurtrière tronçonneuse), dans le ruisseau qui va bientôt s'assécher car il ne coule que sous la pluie, dans tout ce qui n'est presque plus et dans tout ce qui n'est pas encore, dans la petite fille d'une amie qui est née il y a presque un mois et qui a détruit la mort avec son premier cri.

J'aimerai bien aussi croiser ma Perséphone pour que cette année plus encore que les autres, mon printemps arrive avec quelques semaines d'avance. Pas souvent, pas longtemps, mais une heure avec toi c'est une éternité pour les mortels...

jeudi 17 décembre 2009

Ma Mère était...

Comme c’est douloureux ma Douce, de parler de toi à l’imparfait mais que puis je faire d’autre pour toi aujourd’hui ? Depuis des années, chaque fois que la mère d’un ami partait je me disais, un jour, moi aussi je me tiendrai devant le cercueil de ma Mère. C’était il y a quelques jours. Ta santé s’est dégradée très vite et un matin, la famille d’accueil où l’on avait été obligé de te placer m’a appelé en me disant que c’était la fin. Je suis parti comme un automate avec l’espoir fou de te voir encore vivante et je t’ai vu encore en vie même si tu avais perdu conscience.

De ces dernières heures passées près de toi, je garderai un souvenir très précis jusqu’à ma propre mort. J’ai longtemps tenu ta main tiède et amaigrie par l’âge. Je la caressai comme si j’étais encore un enfant. J’ai mis mon visage entre tes mains encore tièdes et déjà sans vie. J’ai caressé ton visage, j’ai baisé ton front. Plusieurs fois je t’ai parlé car même si tu n’as pas semblé avoir conscience de ma présence je me dis que tu as peut-être entendu et reconnu ma voix. Je t’ai redis mon amour pour toi, je t’ai dit que je continuerai de t’aimer malgré ton absence, je t’ai parlé des souvenirs heureux partagés avec toi ? De cette fabuleuse soirée dans ce grand théâtre parisien, notre soirée. Tu te souviens, ma Douce, comme ce furent de bons moments que la vie tous les deux même si j’ai vécu longtemps loin de toi. Tu te souviens de la lointaine Normandie où tu adorais mes amies qui te le rendaient bien. Je t’ai dis aussi de te laisser aller, que j’étais près de toi, que tout se passerait bien, que tu serais bientôt dans ce paradis auquel je ne crois pas mais que j’espère pour toi.

Le jour de ton départ, vers 19H00, mon jeune frère et moi avons laissé l’aîné avec toi pour passer la nuit. Il voulait être près de toi. Quelques minutes après notre départ il nous a appelés pour nous dire que tu venais de rendre ton dernier soupir dans ses bras. Nous sommes allé prévenir notre père qui s’y attendait mais on espère quand même : une semaine, un jour, une heure mais tu étais fatigué de ce combat. Pendant cette dernière journée j’ai vu ton cœur battre et se battre mais il nous disait, lui aussi, par saccade qu’il était usé de cette vie…

Dès cet instant les horribles nécessités de tes obsèques nous ont déchiré le cœur. A ma naissance tu as choisi mon berceau et mes premiers vêtements et j’ai du, moi, choisir ton cercueil et les vêtements que tu porterais pour l’éternité. Que ces moments ont été terribles ma belle Âme ! Les professionnels de la mort ont fait leur travail et tous les détails ont été prévus depuis le choix du cercueil, du tissu qui le recouvre et sur lequel tu reposes, des poignées, des fleurs et je ne sais quoi encore. J’ai même du plonger à demi dans le caveau familial pour faire le point avec les hommes en noir sur les places encore disponibles. Quelle douleur que de voir de si près ce trou noir, humide et froid où j’ai du te laisser !

Dès le moment où je t’ai vue sans vie dans ton cercueil, je n’ai plus vu que ton enveloppe charnelle. Rien de religieux dans cela. Tu es passée en moi. Je suis porteur de toi. Même si je ne crois ni en dieu ni en diable. Peut-être que ce sentiment n’est qu’une pirouette de mon inconscient pour me faire mieux accepter ta disparition mais qu’importe puisqu’il m’est agréable de te savoir bien au chaud, caché au creux de quoi je ne sais mais je sens ta présence.

Après tous ces macabres préparatifs, on t’a porté dans cette petite église où tu étais il y a moins de deux mois pour le mariage de ta première petite fille. Ce jour là, je me suis dis que ma prochaine visite dans ce lieu serait pour toi et je ne me suis pas trompé. Pendant la cérémonie, j’ai repensé à la chanson de Brassens « Les quat’zarts » car pour la première fois mon nom occupait une place de choix. J’ai repensé aussi à une vieille chanson de Lama :

Toute blanche

Toute blanche
Dans ton habit du dimanche,
On t'a glissée sous les planches.
Avec un chagrin immense,
On a fermé tes yeux
Pour l'éternité.

Le cœur blême,
Je me suis penché quand même
Pour te souffler mon haleine,
Mettre du sang dans tes veines,
Te réchauffer un peu.
Tu n'as pas bougé.

Ce dimanche,
J'y pense encore et je flanche.
Je t'ai porté des pervenches
Pour parfumer ton silence.
Le ciel, pour la circonstance,
S'est habillé d'éternité.

Et puis on t’a conduit au caveau familial où reposent déjà tes parents et ceux de notre père. Nous n’avons pas voulu sacrifier aux traditionnels « serrements de mains » qui m’ont toujours déplu quand je n’étais pas concerné alors là…Cette rupture avec le protocole a naturellement filtré celles et ceux qui nous ont accompagné jusqu’au cimetière. Ils étaient là par simple amitié et ce fut très chaleureux de les voir si proches de nous, réchauffer par ce froid de loup et nos cœurs et nos corps.

Comment vais-je pouvoir dire que ma Mère est "morte" ? Je ne sais. Ce mot te va si mal ma petite Maman… Dors en paix, ma Douce, je ne te quitte pas.

lundi 26 octobre 2009

Les pieds nickelés

Si vous avez du temps à perdre allez le perdre entre 7h55 et 8h00 sur France Inter tous les jours de la semaine. Vous n’avez même pas besoin de demander le programme, je vous le donne : du Lundi au Mercredi c’est Stéphane Guillon qui officie, le Jeudi c’est Didier Porte qui s’y colle et la veille du week-end c’est Monsieur Morel, François de son prénom. Et si, comme moi, vous êtes coincés le matin et bien allez les retrouver sur le site de France Inter où on peut les entendre et les voir. Et croyez moi, si vous étiez coincé le matin, ils vous décoinceront le soir !!!

Cette brochette là mérite largement le détour. Les deux premiers ont ceci en commun d’être mal rasé alors que Morel est toujours propre sur lui comme l’éternel enfant de chœur qu’il semble être. A les voir, ces trois zozos n’ont apparemment rien de semblable et pourtant, ils trempent tous les trois leur plume dans le même encrier. Alors la couleur de l’encre, le style, le vocabulaire, les tournures sont différentes mais ces différences s’estompent dans le fonds du propos qui est de dénoncer les travers de notre quotidien et de celles et ceux qui le font et le défont. Ils achètent tous les trois leur plume chez le même papetier. On imagine une boutique ancienne dans une petite rue, des présentoirs en bois avec des tiroirs du même métal et là dedans des boites de carton remplies de vieilles plumes Sergent Major, bien affutées, bien acérées, qui permettent tous les pleins et les déliés qu’autorise la langue, qui supportent sans se déformer, toutes les acidités qu’exige la dénonciation, qui ne pourraient pas écrire le mot « consensus » sans faire une énorme rature.

Leur écriture respire la liberté et le manque de respect qui ne s’usent que quand on ne s’en sert pas comme disait l’autre. Il y a quelques siècles, quand il signait « Les lettres persanes », le dénommé Montesquieu ne faisait pas autre chose au risque de se faire embastiller. La forteresse de la Bastille a été remplacée par un opéra ce qui pourrait nous laisser croire que la liberté et la démocratie, une fois acquises, sont inoxydables. Que nenni ! Ils sont légions dans les arcanes du pouvoir qui, soit pour plaire au Prince, soit pas conviction personnelle, sont prêts à sacrifier nos petits espaces de vie sans état d’âme (ce qui n’est pas étonnant car il y a longtemps qu’ils ont vendue leur âme au diable).


Que Guillon et Porte me pardonnent si ma préférence va à M’sieur Morel pour sa faconde, son accent normand (quand il le reprend comme au temps des Deschiens) et son carquois plein à craquer de toutes les flèches qu’il peut mettre à son arc. Il y a du Serrault chez ce bonhomme là. Ce type est fou mais pas dangereux, le genre que l’on peut, pardon, que l’on doit laisser en liberté pour nous redonner un peu de bon sens.


Ces discours en font rire beaucoup et certains plutôt jaune. Ils en font réfléchir quelques uns et puis une petite minorité, le matin, dans le secret de leur salle de bains, en face de leur seule figure, celle à laquelle ils ne peuvent jamais mentir, doivent se trouver une sacrée sale gueule en se remémorant les trois pieds nickelés. Alors merci aux Croquignol, Filochard et Ribouldingue des temps modernes d’être là et de faire ce qu’ils font.

Au nom du Père...

On ne va pas pleurer. Le pauvre petit garçon riche renonce à son cadeau de Noël 2 mois avant le passage du barbu avec un ton et des mots qui pourraient arracher des larmes à toutes les bergères de France et de Navarre. Mais voilà, Jean n’est pas le fils de Nicolas : c’est son clone, sa copie au point que tant que le rejeton vivra le géniteur ne sera pas mort.


Qu’un puissant fasse profiter sa famille des fastes de la République ce n’est pas la première ni la dernière fois mais le tréfonds de la bassesse a été une nouvelle atteint par la cour qui a su trouver des trésors d’imagination pour soutenir cette décision. Jusqu’au pauvre Julien Dray qui a trouvé indigne cet acharnement médiatique pour s’attirer les grâces du monarque et à travers lui, peut-être, l’indulgence de ses procureurs.

Avant l’actuel Président, Chirac et avant lui le roi Mitterrand en avait fait autant. Après tout, que ces courtisans choisissent de passer pour ce qu’ils sont à savoir de simples profiteurs prêts à tout pour bénéficier des largesses du prince ça les regarde. Le hic c’est qu’en même temps qu’ils passent pour des vendus, ils font passer cette idée chez le citoyen que tous les politiques sont à vendre. Combien se sont élevées de voix dans la majorité pour dénoncer cette pâle copie de république bananière. Bien peu et ceux qui l’ont fait l’on fait du bout des lèvres mais cette forfaiture se paiera au prix fort : exit l’investiture du parti aux prochaines élections et avec elle adieu berline de fonction, secrétaire et bureau à Paris et même peut-être un maroquin qui s’envole. Que gagneront-ils à ce courage ? Rien qui ne se monnaye. Une certaine satisfaction au coin de l’œil quand ils se regarderont dans la glace le matin et l’estime de leurs proches et de leurs amis (s’ils en ont car il y en a peu dans ce milieu).

Ces gouvernants là sont à mille lieux de nos soucis et croire le contraire est faire preuve d’une grande naïveté. Ils ne cachent même plus le mépris dans lequel ils nous tiennent. Ils doivent penser qu’ils méritent mieux que les citoyens qui les ont mis aux commandes et après tout peut-être ont-ils raison : ils ont été élus et largement alors on a les dirigeants que l’on mérite. Je crois que je vais changer de nationalité…

mardi 13 octobre 2009

La boite à bougies

Voilà bien longtemps que je n’étais pas venu ici. Pas assez de temps pour moi mais du temps pour les autres mais c’est pour moi du bon temps. Depuis un peu plus d’un mois ça gazouille à nouveau dans les couloirs et la cour de récré. Les petits sont enfin rentrés et mes vacances ont enfin commencé. Ils m’ont manqué mes collégiens. C’est que ça prend de la place quatre cent ados. Ils donnent du travail mais il y a tant de retour. Ils demandent de l’énergie mais ils en dépensent tant !

Mais parmi mes proches il y en a qui ont pensé à moi. J’ai fait un tour de compteur il y a quelques jours. Et un soir à ma grande surprise, à peine feinte, j’ai vu sortir de je ne sais où cadeaux et bougies.

Le lendemain matin, premier levé comme d’hab, c’est moi qui ai rangé les bougies. On les met dans une boite métallique genre boite à sucre avec des motifs style calendrier des postes. Tu vois ce que je veux dire ? Bien sûr que tu vois ! On en a tous une de boite à bougies. La notre a plus de trente ans. Elle est un peu fatiguée. Tellement fatiguée que cette fois le couvercle m’est resté à la main et patatras, la boite est tombée par terre dans un grand bruit. Et son contenu s’est étalé dans toute la cuisine.

Et j’ai alors vu à mes pieds se dérouler mes trente dernières années. Rien n’y manquait. Les 2 petites bougies avec juste le chiffre « 1 » à peine consumé. Une rose et une bleue. Et puis toute la série des chiffres. Et puis les petits sujets qu’on trouve sur les bûches de Noël : la scie, le champignon et bien sûr le nain tout sourire…J’ai revu nos vies à tous les quatre dans ce mikado de bougies multicolores qui roulaient à mes pieds.

Je me suis mis à quatre pattes pour tout ramasser même les bougies cassées dont je savais que je n’en ferai plus rien mais pas question d’être celui qui détruira ces reliques. J’ai repensé à mon enfance où les anniversaires se réduisaient à une phrase. Je n’ai pas manqué d’amour mais c’était pas dans la culture familiale et puis y avait à peine de quoi manger alors les cadeaux c’était pas possible. Mais le manque d’argent ne m’a pas gêné. Il m’a donné l’indépendance.

J’ai réparé la boite pour qu’elle reparte pour trente ans de plus. D’ici là je serrerai les nonante et on ne me mettra peut-être plus qu’une seule bougie à souffler…pour m’économiser. Elle remplacera celle que je n’ai pas eu la première année et la boucle sera bouclée…

jeudi 11 juin 2009

Qui c'est?

J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensai du bricolage lors de mon évocation du supplice chinois dit « le meuble facile à monter ». Sa seule évocation est encore douloureuse à mon cœur…Ce n’est donc jamais spontanément et le sourire aux lèvres que je m’approche de ma boite de Pandore à moi.

A propos tout le monde se souvient de Pandore ? Non ? Bon alors à la demande générale je te me vais vous faire un petit retour arrière rapide. Y avait longtemps que je n’avais pas parlé de ma famille.

Or donc je vous ai déjà causé de Prométhée qui, un peu parce qu’il était sympa (trop bon trop bon c’est comme çà qu’on dit non ?) un peu aussi, faut bien le dire, parce qu’il voulait en mettre plein les yeux aux hommes, leur avait donné le feu. Ce qui avait mis Zeus, mon frérot, dans une colère noire et ensuite (je vous le fais rapide) Prométhée attaché sur son rocher avec le gros zoziau qui lui mange le foie. Bon. Mais tout çà apaisait la vengeance de Zeus envers Prométhée mais pas envers les hommes qui jusque là ne pensaient « qu’à s’ébattre dans les vertes prairies de l’insouciance » comme disait mon ami Pierrot. C’est alors que Zeus leur a jeté le mauvais œil et a ordonné la création de Pandore. Et je peux vous dire que la solidarité a joué à fond. C’est qu’on s’est tous vu finir au chômage si les hommes se mettaient à avoir les mêmes pouvoirs que nous !

Alors chacun ou presque a mis la main à la pâte. A commencer par cette mocheté d’Héphaïstos qui a sculpté la petite Pandore dans de l’argile. Puis c’est Athéna qui lui a donné la vie et montré le tricot (à l’époque on disait le tissage mais c’est pareil). Aphrodite lui donna la beauté ben oui elle avait que çà la pauvrette : c’est pour çà qu’elle est souvent représentée nue avec une cruche ; c’est d’ailleurs de là que vient l’expression « être cruche » si, si, je vous assure. Et pour finir Hermès lui apprit le mensonge et lui offrit toute la maroquinerie et le foulard. Et moi ? Ben moi rien, j’étais coucouné avec ma Perséphone au fin fond des enfers et j’avais autre chose à faire que de m’occuper de la liste de mariage de Pandore !

Justement Zeus offrit Pandore en mariage au frère de Prométhée qui s’intitulait Epiméthée (Merci les parents : va faire les sorties d’école avec un blaze pareil toi ! Non y en a j’ te jure !) et la petite Pandore amena dans ses bagages une espèce de jarre comme qui dirait une cruche (on y vient, on y vient…) dans laquelle étaient cachés tous les malheurs de l’humanité (pas le journal hein !) et comme elle était curieuse et cruche aussi, ben un jour elle l’ouvrit la cruche justement et là : patatras ! Tous les maux des hommes s’échappèrent, tous sans exception : la guerre, la maladie, la trahison, le mensonge, les épidémies, le vice, le tournevis (pour moi c’est un malheur !), la vieillesse, les impôts, les radars, les képis, Sarkozy, Darcos, (y ont tous des noms grecs ou quoi ?) Besson (ben non il est pas grec lui pourtant vu comme il est tourne jaquette il n’a pas du taper loin non ?), Carla, qui elle aussi a bénéficié de la générosité d’Aphrodite pour sa beauté par contre comme c’est Pandore qui avait déjà récupéré la cruche elle a eu une potiche à la place mais c’est bien aussi la potiche et puis je trouve que çà lui va mieux.. Et puis aussi les joueurs et les supporters du ballon rond (pas ceux de l’ovale que j’aime parce qu’on sait pas où ça va rebondir), les chauffards du dimanche ou de la semaine, l’avarice, l’injustice, la bêtise au front de taureau, Hitler, Jean Marie, Berlusconi. Les extrémistes de tout bord. Les ayatollahs de toutes les chapelles. Les brûleurs de livres. Mr Mac Donald…..A l’instar de Prévert je pourrais continuer cet inventaire encore longtemps mais le sien faisait rêver alors que le mien fait cauchemarder. Vous imaginez la vie dans cette cruche.

Il est resté une seule chose dans la boite, jarre, potiche, cruche, (biffer les mentions inutiles) : l’espérance et pourtant nous en avons tous un peu. Mystère divin ?

Je sais plus où j’en suis du coup. Je me relis….. et…. ha oui…. quand même…. on est parti loin dans le temps et dans l’espace. Ben comme ça je te fais voyager avec un bilan carbone qui reste à zéro. Plus écolo qu’Hadès y a pas ! T’oublieras pas de me remercier.

Donc je reviens à mon propos et je m’approche de ma boite de Pandore à moi : en clair ma caisse à outils. A ce seul mot j’en connais qui sont déjà en extase. Je les ai repéré depuis longtemps les sado-maso du samedi après-midi. Les arpenteurs de Leroy Merlin, les activistes de Castorama. Je vais être franc : il m’est bien sûr arrivé de franchir le seuil de ces enseignes mais mes pas me guidaient systématiquement vers le rayon librairie. Deux raisons à cela : d’abord comme je n’y connais rien, je suis persuadé qu’on peut apprendre le bricolage dans les bouquins ensuite dès que je sais qu’il y a des livres quelque part, y a pas, je suis comme les vieux chevaux qui retrouvent seuls leur écurie ben moi c’est la librairie. J’y peux rien je suis de la planète Gutenberg.

Donc je m’approche de ma boite à outils pour y prendre une pince multiprise. En voilà un outil qu’il est beau. Je suis sûr que Torquemada, le grand inquisiteur espagnol, n’avait pas un truc pareil dans sa panoplie de questionneur sinon les zérétiques y zauraient lâché le morceau vite fait bien fait !

Pourquoi la pince multiprise me tend elle ses petites poignées (d’amour) d’acier ? Parce qu’un lavabo fuit. Je ne veux pas dire par là qu’il abandonne lâchement la salle de bain. Non. Je veux juste préciser qu’il laisse couler l’eau qu’il reçoit. Nous sommes Samedi. Il est huit heures du matin. Mon week-end est foutu mais alors foutu !

Malgré mon incompétence crasse en bricolage en général et en plomberie en particulier je comprends qu’il faut changer un joint. Et bien je peux vous dire qu’il est plus facile, par les temps qui courent, de trouver un joint d’herbe qu’un joint en caoutchouc. Je vous le fais rapide : j’ai fini par trouver un vieux joint que j’ai baptisé « encore en état de servir » et je le remplace. Miracle ça ne fuit plus ! Serais-je devenu bon en plomberie ?

- Comment ? Que dites-vous ?
- Est ce que t’as ouvert le robinet banane ?
- Mais je ne vous permets pas !

Ah ben non j’avais pas ouvert le robinet. Remarquez pour arrêter les fuites on n’a pas trouvé mieux que de couper l’eau. Donc j’ouvre le robinet et merde !!!!!!

Ding !Dong ! En plus on sonne à la porte (on s’y croirait hein !) Tain le suspens hitchcockien ! Je hurle « Qui c’est ? » et comme je n’ai pas de réponse, en nage et en rage j’ouvre la porte : c’est Dieu. Ou tout comme puisque c’est mon pote Daniel, spécialiste en plomberie, qui passe prendre l’apéro because mine de rien il est déjà midi. J’ai failli l’embrasser sur la bouche tellement j’étais heureux de le voir là. Daniel, il est comme les toubibs, il a toujours sa trousse dans la voiture. C’est d’ailleurs un point commun entre les deux métiers : ils interviennent souvent en urgence et souvent sur des problèmes de tuyaux. Il a bien mis une grosse minute mon gars Daniel pour me réparer çà et, en plus en se foutant bien de moi et que ces fonctionnaires ça sait rien faire, etc.… etc. …

Le soir j’ai repensé à tout çà et ça m’a rappelé le regretté Fernand Raynaud et le sien de plombier qui n’avait pas pu entrer à cause de ce foutu perroquet. C’est pas moi qui laisserai cet artisan devant la porte ! N’est ce pas Daniel ?