Atacama, nord du Chili. Désert absolu où, par endroit, il n’est pas tombé une goutte d’eau depuis des siècles. A part quelques rares et minuscules oasis, pas de vie sauf quelques traces de bactéries…..
Mon hôte rêve de traverser ce lieu avec sa Perséphone.
Seuls tous les deux comme dans un jardin d’Eden où ils seraient porteurs de toute la vie.
Seuls pour que leur attention ne soit pas distraite par des manifestations du vivant autres que celles de l’être aimé.
Seuls pour que tous leur sens soient concentrés sur l’autre afin de n’en rien perdre, de profiter totalement de lui, d’être autant son seul secours qu’il est le votre…
Seuls car l’unique palpitation sera le cœur de l’autre.
Atacama aussi car le désert est le lieu des révélations : révélation de soi d’abord dans la solitude totale, la difficulté de vivre dans une nature vide dont la seule mais terrible hostilité est l’absence de tout repère matériel, humain, social, culturel ; révélation de l’autre comme on ne le connaît peut-être pas ; révélation du sens de la vie dans ce lieu où elle n’est pas familière…
Atacama enfin car le mot seul raisonne comme une incantation de prêtre inca. Il est déjà porteur de mystère, de magie. Le prononcer c’est voyager dans le temps, c’est s’ouvrir des portes cachées sous les pierres. Il invite l’imagination. Il fait peur et il attire, il donne envie d’aller plus loin…
Et puis tout simplement parce que c’est dans un désert qu’est apparu le petit Prince…
jeudi 21 août 2008
vendredi 15 août 2008
Ingrid
Il n’y a pas d’âge pour apprendre à lire. Mon hôte, par exemple, qui a allègrement dépassé le demi-siècle, continue son apprentissage de la lecture. Quand il usait ses fonds de culotte sur les bancs de l’école communale, la seule lecture que l’on apprenait était la même depuis toujours c'est-à-dire la lecture de l’écrit. Depuis cette époque, les temps et le monde ont bien changé et petit à petit, l’image a remplacé l’écrit et c’est à l’apprentissage de cette lecture de l’image que continue à s’atteler mon cher hôte.
Comme tous les curieux, il aime bien faire le travail que se doit de faire tout bon journaliste c'est-à-dire vérifier les sources, les tenants et aboutissants, replacer l’information dans son contexte bref faire un travail d’investigation car il sait bien que la manipulation des populations a toujours été un outil des hommes de pouvoir et de leurs valets. Alors quand un sujet est sur toutes les bouches, sur toutes les unes, sur toutes les télévisions il faut qu’il cherche, s’interroge, sache davantage.
Et le sujet qui a brulé les planches il y a quelques semaines c’est bien sûr la libération d’Ingrid Bettancourt. Je sais ce que vous vous dites : ce gars va encore jouer les empêcheurs de se réjouir en rond, il va trouver tous les défauts à cette pauvre femme, etc….Postulat de départ : étant un otage, Ingrid Bettancourt était par définition innocente : on peut comprendre certaines prises d’otages mais on ne peut pas les accepter. Comprendre un crime c’est y trouver des explications voire des circonstances atténuantes, ne pas l’accepter, c’est le juger et si besoin le condamner. On ne peut donc que se réjouir de la libération de cette femme : pour elle-même d’abord, pour sa famille ensuite.
La seule certitude qui restera sur cette libération c’est que l’on ne saura jamais ce qui s’est passé exactement. On a tout entendu et son contraire et je ne vais pas refaire les JT. Les scénarii les plus abracadabrantesques ont été imaginés.
Mais maintenant que le soufflé est retombé, tout téléspectateur un peu attentif n’a pas manqué de se poser un certain nombre de questions sur l’excellente santé d’Ingrid Bettancourt (d’après les médecins qui l’ont examiné), sur sa récupération physique et psychologique depuis Décembre dernier notamment où on la disait mourante, sur ses nombreux interviews, ses nombreux allers retours Colombie France (épuisants avec le décalage horaire) au lieu de se ressourcer avec sa famille et ses enfants qu’elle n’a pas vu grandir, son omniprésence dans les médias en particulier en France ?
Cela fait beaucoup de questions qui sont évidentes et dire que c’est faire du mauvais esprit que de les poser, c’est considérer que tout ce que les médias nous servent est la vérité absolue. Parlons-en des médias justement. Petit rappel sur la grande estime en laquelle leurs responsables tiennent les téléspectateurs. Il y a quelques mois l’un des deux responsables de TF1 (je crois que c’était Patrick Le Lay) s’était laissé aller, pour une fois, à un élan de sincérité, déclarant que ce que TF1 vendait à ses annonceurs « c’était des espaces de cerveau disponibles ». Cette seule déclaration aurait du suffire à inciter les dits téléspectateurs à aller s’enchaîner ailleurs mais non TF1 reste en tête des indices de part de marché comme quoi Descartes avait raison « l’intelligence est la chose la mieux répartie etc.. » A défaut de respecter ceux qui le font vivre Le Lay respecte pour une fois la vérité. France 2 n’est guère mieux loti puisque Pujadas n’a pas hésité à qualifier Ingrid Bettancourt de « sainte ».
C’est là où l’apprentissage de la lecture reprend tout son sens. L’affaire Bettancourt n’est qu’un évènement de plus qui doit nous inviter à la vigilance : chercher à savoir c’est être citoyen. Dans cette histoire où les gentils (l’armée colombienne) et les méchants (les FARC) ont été clairement identifiés , il est intéressant de creuser et quand on creuse on s’aperçoit que la vérité n’est pas aussi tranchée, que l’économie colombienne est livrée depuis des dizaines d’années à de grandes multinationales américaines qui interviennent sans contrainte sociale ou environnementale. Un épisode sanglant et bien réel en est d’ailleurs rapporté dans « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez lorsque le 5 Décembre 1928, plusieurs centaines de travailleurs bananiers ont été assassinés par l’armée colombienne pour défendre les intérêts de l’United Fruit Company. Depuis cette date plusieurs villages ont été rasés :hommes, femmes , enfants massacrés pour s’être opposés aux « gentils militaires », non sans avoir été baptisés « dangereux guérilleros » avant d’être passés par les armes. C’est de l’histoire ancienne me direz vous. Non . D’abord parce que ça continue. Ensuite parce qu’en politique aussi la laideur a ceci de supérieur à la beauté en ce sens qu’elle dure et en politique la laideur absolue est le non respect des droits humains. Les FARC sont les descendants de ces populations toujours exploitées, toujours méprisées et souvent massacrées. Certes leur mouvement n’est pas toujours blanc blanc, certes ils sont impliqués dans le trafic de drogue (comme de hauts responsables militaires colombiens d’ailleurs) mais de grâce cessez cette classification ange/démon.
Mon hôte ne veut en aucun cas être « téeffeunisé » alors il s’interroge et il doute et il cherche et il trouve d’autres analyses que les officielles, des questions à poser et parfois pas de réponses en face. Le net sert à çà, utilisez le ! Apprenez à lire en permanence et apprenez à lire à vos enfants. Mon hôte n’est ni pire ni meilleur que les autres. Il lui arrive lui aussi de céder à l’émotion devant certaines images mais il essaie - sans toujours y parvenir- de regarder si rien n’est caché sous le tapis.
« Devenir adulte, c'est apprendre à vivre dans le doute et à développer, au travers des expériences, sa propre philosophie, sa propre morale. Éviter le "prêt-à-penser" »
Hubert Reeves
Pour terminer sur une note qui fera l’unanimité je vous livre ce petit bijou du cher Victor sur l’utilité et la grandeur de la lecture.
A qui la faute ?
Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?
- Oui.
J'ai mis le feu là.
- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
- Je ne sais pas lire.
Victor Hugo
Comme tous les curieux, il aime bien faire le travail que se doit de faire tout bon journaliste c'est-à-dire vérifier les sources, les tenants et aboutissants, replacer l’information dans son contexte bref faire un travail d’investigation car il sait bien que la manipulation des populations a toujours été un outil des hommes de pouvoir et de leurs valets. Alors quand un sujet est sur toutes les bouches, sur toutes les unes, sur toutes les télévisions il faut qu’il cherche, s’interroge, sache davantage.
Et le sujet qui a brulé les planches il y a quelques semaines c’est bien sûr la libération d’Ingrid Bettancourt. Je sais ce que vous vous dites : ce gars va encore jouer les empêcheurs de se réjouir en rond, il va trouver tous les défauts à cette pauvre femme, etc….Postulat de départ : étant un otage, Ingrid Bettancourt était par définition innocente : on peut comprendre certaines prises d’otages mais on ne peut pas les accepter. Comprendre un crime c’est y trouver des explications voire des circonstances atténuantes, ne pas l’accepter, c’est le juger et si besoin le condamner. On ne peut donc que se réjouir de la libération de cette femme : pour elle-même d’abord, pour sa famille ensuite.
La seule certitude qui restera sur cette libération c’est que l’on ne saura jamais ce qui s’est passé exactement. On a tout entendu et son contraire et je ne vais pas refaire les JT. Les scénarii les plus abracadabrantesques ont été imaginés.
Mais maintenant que le soufflé est retombé, tout téléspectateur un peu attentif n’a pas manqué de se poser un certain nombre de questions sur l’excellente santé d’Ingrid Bettancourt (d’après les médecins qui l’ont examiné), sur sa récupération physique et psychologique depuis Décembre dernier notamment où on la disait mourante, sur ses nombreux interviews, ses nombreux allers retours Colombie France (épuisants avec le décalage horaire) au lieu de se ressourcer avec sa famille et ses enfants qu’elle n’a pas vu grandir, son omniprésence dans les médias en particulier en France ?
Cela fait beaucoup de questions qui sont évidentes et dire que c’est faire du mauvais esprit que de les poser, c’est considérer que tout ce que les médias nous servent est la vérité absolue. Parlons-en des médias justement. Petit rappel sur la grande estime en laquelle leurs responsables tiennent les téléspectateurs. Il y a quelques mois l’un des deux responsables de TF1 (je crois que c’était Patrick Le Lay) s’était laissé aller, pour une fois, à un élan de sincérité, déclarant que ce que TF1 vendait à ses annonceurs « c’était des espaces de cerveau disponibles ». Cette seule déclaration aurait du suffire à inciter les dits téléspectateurs à aller s’enchaîner ailleurs mais non TF1 reste en tête des indices de part de marché comme quoi Descartes avait raison « l’intelligence est la chose la mieux répartie etc.. » A défaut de respecter ceux qui le font vivre Le Lay respecte pour une fois la vérité. France 2 n’est guère mieux loti puisque Pujadas n’a pas hésité à qualifier Ingrid Bettancourt de « sainte ».
C’est là où l’apprentissage de la lecture reprend tout son sens. L’affaire Bettancourt n’est qu’un évènement de plus qui doit nous inviter à la vigilance : chercher à savoir c’est être citoyen. Dans cette histoire où les gentils (l’armée colombienne) et les méchants (les FARC) ont été clairement identifiés , il est intéressant de creuser et quand on creuse on s’aperçoit que la vérité n’est pas aussi tranchée, que l’économie colombienne est livrée depuis des dizaines d’années à de grandes multinationales américaines qui interviennent sans contrainte sociale ou environnementale. Un épisode sanglant et bien réel en est d’ailleurs rapporté dans « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez lorsque le 5 Décembre 1928, plusieurs centaines de travailleurs bananiers ont été assassinés par l’armée colombienne pour défendre les intérêts de l’United Fruit Company. Depuis cette date plusieurs villages ont été rasés :hommes, femmes , enfants massacrés pour s’être opposés aux « gentils militaires », non sans avoir été baptisés « dangereux guérilleros » avant d’être passés par les armes. C’est de l’histoire ancienne me direz vous. Non . D’abord parce que ça continue. Ensuite parce qu’en politique aussi la laideur a ceci de supérieur à la beauté en ce sens qu’elle dure et en politique la laideur absolue est le non respect des droits humains. Les FARC sont les descendants de ces populations toujours exploitées, toujours méprisées et souvent massacrées. Certes leur mouvement n’est pas toujours blanc blanc, certes ils sont impliqués dans le trafic de drogue (comme de hauts responsables militaires colombiens d’ailleurs) mais de grâce cessez cette classification ange/démon.
Mon hôte ne veut en aucun cas être « téeffeunisé » alors il s’interroge et il doute et il cherche et il trouve d’autres analyses que les officielles, des questions à poser et parfois pas de réponses en face. Le net sert à çà, utilisez le ! Apprenez à lire en permanence et apprenez à lire à vos enfants. Mon hôte n’est ni pire ni meilleur que les autres. Il lui arrive lui aussi de céder à l’émotion devant certaines images mais il essaie - sans toujours y parvenir- de regarder si rien n’est caché sous le tapis.
« Devenir adulte, c'est apprendre à vivre dans le doute et à développer, au travers des expériences, sa propre philosophie, sa propre morale. Éviter le "prêt-à-penser" »
Hubert Reeves
Pour terminer sur une note qui fera l’unanimité je vous livre ce petit bijou du cher Victor sur l’utilité et la grandeur de la lecture.
A qui la faute ?
Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?
- Oui.
J'ai mis le feu là.
- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
- Je ne sais pas lire.
Victor Hugo
samedi 26 juillet 2008
Le col du Golgotha
C’est l’histoire de quelques dizaines de bonshommes qui font une balade en vélo autour de la France, balade qui a débuté il y a plus de cent ans et qui continue, tous les étés. Rectification : le Tour de France n’est pas une balade c’est une course, une compétition et compétition rime avec pognon.
Depuis quelques années le cyclisme s’est lancé dans une opération mains propres et l’on a découvert ce qui était un vrai secret de polichinelle à savoir que les cyclistes se dopaient à l’insu de leur plein gré ou à l’insu du plein gré qui de leur entraineur, de leur docteur, de leur masseur, de leur directeur sportif enfin bref tout le monde savait mais tout le monde se taisait
Alors chaque année le Tour a pris l’habitude de faire ressortir son lot de tricheurs. Le couperet est tombé cette année sur quelques uns dont le dénommé Ricco ou Rocco (pas Siffredi l’autre), vainqueur de deux étapes sous les hourras, chassé sous les huées et la queue basse (c’est bien ce que je disais !) et arrêté par la maréchaussée comme un bandit de grand chemin. C’est effectivement un bandit de grand chemin car il menace une affaire qui draine beaucoup d’argent et çà c’est sacré : c’est là qu’est sa faute. La majorité des sportifs qui font de la compétition se dopent à des degrés divers, avec des produits plus ou moins violents, plus ou moins efficaces ; l’efficacité se mesurant d’abord à la performance que permet de réaliser le produit et ensuite à sa discrétion dans les contrôles. Un ami de mon hôte, entraîneur de rugby, m’a avoué avoir surpris des cadets prendre un tube entier de Guronsan avant un match. Je ne suis pas sûr que ce soit dangereux mais je suis sûr que la démarche psychologique, elle, est dangereuse et le gamin qui fait çà, sera prêt à passer à autre chose quand l’enjeu sera plus important.
C’est bien sûr le système qui veut çà. J’en veux pour preuve que selon les sports ou les pays le dopage est plus ou moins autorisé. Prenez les footballeurs américains qui marchent au super avec plomb et qui meurent très riches, et très célèbres mais avant 50 ans pour beaucoup d’entre eux. Revenons au rugby et à ce qui se passe dans l’hémisphère sud où la créatine est autorisée alors qu’elle est interdite chez vous.
Cessez ces hypocrisies. La société a besoin de vedettes, de stars, de surhommes et les surhommes ont besoin d’assistance médicale (ça passe mieux que dopage non ?) car tous seuls ils ne peuvent pas faire ce que vous attendez d’eux. Ce que vous attendez d’eux ce sont juste des miracles accomplis dans la peur, la souffrance, le sang et la sueur comme un accouchement qui donnerait naissance à un exploit et s’ils se font prendre vous les brûlez. L’Humanité a toujours brulé ses idoles. Alors autorisez le dopage à fond et on verra bien quel laboratoire pardon quel athlète sera le meilleur!
Il y a presque 2 000 ans le dénommé Christ de son prénom Jésus, grand juif blond, -ce qui même à l’époque était assez rare-, faisait lui aussi des miracles et sa dope à lui c’était l’amour du prochain et toute cette sorte de choses s’il faut en croire les écritures…. On ne lui a pas fait de cadeaux et il est mort en haut du col du Golgotha. Lui aussi, au-delà de ses délires, menaçait des intérêts bien matériels et déjà ça pardonnait pas. Plus près de nous et pour en revenir au cyclisme, le dénommé Tom Simpson n’est pas arrivé en haut du sien de Golgotha et il est mort par un torride après-midi de Juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux sur sa croix à lui : son vélo,….
On peut déduire de ce qui précède qu’il n’y a qu’un miracle qui permette de grimper le col du Golgotha ou d’ailleurs et qu’aujourd’hui comme hier il reste très dangereux de faire des miracles….
Il y a un moyen simple d’arrêter cette folie : c’est de donner au vainqueur une simple couronne de laurier ou une tresse d’oignon mais bon pour la bise de la jeune fille, l’oignon ça le fait moins quand même. En dehors du fait que ça ne coûte pas un radis (très drôle l’oignon qui coûte pas un radis non ?) ça calme les esprits. Mes voisins du dessous, les grecs, font çà pendant leurs jeux à Olympie et ils arrêtent de se massacrer pour décrocher la couronne alors pourquoi pas vous ?
Depuis quelques années le cyclisme s’est lancé dans une opération mains propres et l’on a découvert ce qui était un vrai secret de polichinelle à savoir que les cyclistes se dopaient à l’insu de leur plein gré ou à l’insu du plein gré qui de leur entraineur, de leur docteur, de leur masseur, de leur directeur sportif enfin bref tout le monde savait mais tout le monde se taisait
Alors chaque année le Tour a pris l’habitude de faire ressortir son lot de tricheurs. Le couperet est tombé cette année sur quelques uns dont le dénommé Ricco ou Rocco (pas Siffredi l’autre), vainqueur de deux étapes sous les hourras, chassé sous les huées et la queue basse (c’est bien ce que je disais !) et arrêté par la maréchaussée comme un bandit de grand chemin. C’est effectivement un bandit de grand chemin car il menace une affaire qui draine beaucoup d’argent et çà c’est sacré : c’est là qu’est sa faute. La majorité des sportifs qui font de la compétition se dopent à des degrés divers, avec des produits plus ou moins violents, plus ou moins efficaces ; l’efficacité se mesurant d’abord à la performance que permet de réaliser le produit et ensuite à sa discrétion dans les contrôles. Un ami de mon hôte, entraîneur de rugby, m’a avoué avoir surpris des cadets prendre un tube entier de Guronsan avant un match. Je ne suis pas sûr que ce soit dangereux mais je suis sûr que la démarche psychologique, elle, est dangereuse et le gamin qui fait çà, sera prêt à passer à autre chose quand l’enjeu sera plus important.
C’est bien sûr le système qui veut çà. J’en veux pour preuve que selon les sports ou les pays le dopage est plus ou moins autorisé. Prenez les footballeurs américains qui marchent au super avec plomb et qui meurent très riches, et très célèbres mais avant 50 ans pour beaucoup d’entre eux. Revenons au rugby et à ce qui se passe dans l’hémisphère sud où la créatine est autorisée alors qu’elle est interdite chez vous.
Cessez ces hypocrisies. La société a besoin de vedettes, de stars, de surhommes et les surhommes ont besoin d’assistance médicale (ça passe mieux que dopage non ?) car tous seuls ils ne peuvent pas faire ce que vous attendez d’eux. Ce que vous attendez d’eux ce sont juste des miracles accomplis dans la peur, la souffrance, le sang et la sueur comme un accouchement qui donnerait naissance à un exploit et s’ils se font prendre vous les brûlez. L’Humanité a toujours brulé ses idoles. Alors autorisez le dopage à fond et on verra bien quel laboratoire pardon quel athlète sera le meilleur!
Il y a presque 2 000 ans le dénommé Christ de son prénom Jésus, grand juif blond, -ce qui même à l’époque était assez rare-, faisait lui aussi des miracles et sa dope à lui c’était l’amour du prochain et toute cette sorte de choses s’il faut en croire les écritures…. On ne lui a pas fait de cadeaux et il est mort en haut du col du Golgotha. Lui aussi, au-delà de ses délires, menaçait des intérêts bien matériels et déjà ça pardonnait pas. Plus près de nous et pour en revenir au cyclisme, le dénommé Tom Simpson n’est pas arrivé en haut du sien de Golgotha et il est mort par un torride après-midi de Juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux sur sa croix à lui : son vélo,….
On peut déduire de ce qui précède qu’il n’y a qu’un miracle qui permette de grimper le col du Golgotha ou d’ailleurs et qu’aujourd’hui comme hier il reste très dangereux de faire des miracles….
Il y a un moyen simple d’arrêter cette folie : c’est de donner au vainqueur une simple couronne de laurier ou une tresse d’oignon mais bon pour la bise de la jeune fille, l’oignon ça le fait moins quand même. En dehors du fait que ça ne coûte pas un radis (très drôle l’oignon qui coûte pas un radis non ?) ça calme les esprits. Mes voisins du dessous, les grecs, font çà pendant leurs jeux à Olympie et ils arrêtent de se massacrer pour décrocher la couronne alors pourquoi pas vous ?
vendredi 11 juillet 2008
Good luck, Mr Gorsky
On se souvient tous de Neil Armstrong, premier mortel à avoir marché sur la lune et de la fameuse phrase qu’il prononça au moment où il posait le pied sur l’astre des nuits : "Un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité". Avant de redécoller de la lune, il a prononcé une autre phrase beaucoup moins connu et bien plus énigmatique : "Good luck, Mr Gorsky."
Les techniciens de la NASA ont en vain cherché un cosmonaute soviétique qui s’appelait ainsi : c’était l’heure de la course à l’espace entre les deux grands. Mais personne ne répondait à ce nom. Plus tard les journalistes ont systématiquement demandé à Armstrong l’explication de sa phrase mais ce dernier a toujours souri, sans jamais répondre.
Ce n’est qu’en juillet 1995, lors d'une conférence de presse à Tampa (Floride), que Neil Armstrong s’est senti autorisé à répondre à la question, Mr Gorsky étant mort peu de temps auparavant.
Quand il était gosse, il jouait au base-ball avec un ami dans l'arrière-cour de sa maison. Son ami a frappé la balle qui a atterri juste au pied des fenêtres de la chambre à coucher de leurs voisins qui s’appelaient Monsieur et Madame Gorsky.
Pendant qu'il se penchait pour ramasser la balle, le jeune Neil a entendu Mme Gorsky crier à M. Gorsky, "Une pipe? Tu veux une pipe? Je te ferai une pipe quand le gosse des voisins marchera sur la lune!"
Je ne vous ai pas habitué à ce vocabulaire mais l’histoire était trop drôle pour la tronquer par une adaptation plus correcte !
Les techniciens de la NASA ont en vain cherché un cosmonaute soviétique qui s’appelait ainsi : c’était l’heure de la course à l’espace entre les deux grands. Mais personne ne répondait à ce nom. Plus tard les journalistes ont systématiquement demandé à Armstrong l’explication de sa phrase mais ce dernier a toujours souri, sans jamais répondre.
Ce n’est qu’en juillet 1995, lors d'une conférence de presse à Tampa (Floride), que Neil Armstrong s’est senti autorisé à répondre à la question, Mr Gorsky étant mort peu de temps auparavant.
Quand il était gosse, il jouait au base-ball avec un ami dans l'arrière-cour de sa maison. Son ami a frappé la balle qui a atterri juste au pied des fenêtres de la chambre à coucher de leurs voisins qui s’appelaient Monsieur et Madame Gorsky.
Pendant qu'il se penchait pour ramasser la balle, le jeune Neil a entendu Mme Gorsky crier à M. Gorsky, "Une pipe? Tu veux une pipe? Je te ferai une pipe quand le gosse des voisins marchera sur la lune!"
Je ne vous ai pas habitué à ce vocabulaire mais l’histoire était trop drôle pour la tronquer par une adaptation plus correcte !
jeudi 3 juillet 2008
Riez nom de dieu!!!
Pour nous le rire n’existe pas et, comme dit Pagnol c’est un cadeau que les Dieux ont fait aux hommes pour les consoler d’être intelligent. Mais je sais l’importance qu’il a chez les mortels et je sais aussi qu’au long de leur histoire c’est un fil conducteur. Sa présence et son contenu sont des marqueurs politiques, culturels, religieux et sociaux. Non ne t’en vas pas mon pote ! Je vais pas faire dans l’intello. Chez nous y a des spécialistes pour çà. Moi tu sais d’où je viens ? Je suis un tellurique.
Le rire peut servir à tout c'est-à-dire aussi à n’importe quoi. Y en a qui joue du piano et y en a qui les déménage pour le rire comme pour le reste. Mais quand on rit c’est toujours au dépend de quelqu’un. Dès lors on peut rire de tout on doit rire de tout. Cela a déjà été dit et répété mais c’est bon d’insister.
Le rire est une arme contre la bêtise, contre la violence aveugle, contre le désespoir, contre la souffrance ; contre la maladie et bien sûr contre la mort. Le rire dénonce , il dérange, il désarme. Mais le rire n’a pas que ce côté obscur. Il peut aussi séduire. Il parait que les mortelles n’y sont pas insensibles et que les plus grands séducteurs ont beaucoup d’humour. Je doute un peu de cette rumeur qui court chez vous :. celui chez qui je me suis installé dernièrement semble ne pas manquer d’esprit mais je ne lui sais pas beaucoup de conquêtes. Il faut dire que c’est un sentimental : il me fait l’impression de s’être trompé de siècle.
Celui qui fait rire est souvent quelqu’un qui souffre et parfois même c’est un désespéré. Regardez les plus grands, disparus pour la plupart : Chaplin, Keaton et plus près de nous même s’ils ne sont pas dans ce panthéon : Desproges ou Métayer. Regardez le Cinéma italien des années 70 : « pain et chocolat », « les monstres », « les nouveaux monstres », et bien sûr plus près de nous « la vie est belle ». On rit pour ne pas pleurer et parfois on pleure de rire et aussi on pleure de ne plus pouvoir rire. Sur le fil du rasoir, on hésite et on n’est pas le seul et puis parfois on bascule du côté des larmes et il pleut dans votre miroir.
N’en ayez pas honte mes chers mortels, c’est quand vous êtes « humains » qu’Hadès vous aime le plus même si cela lui enlève quelques clients il sait bien que la multitude lui apportera son lot au royaume des ombres….. ; Alors riez que diable.. ;.(voilà que çà me reprend !!!!
Le rire peut servir à tout c'est-à-dire aussi à n’importe quoi. Y en a qui joue du piano et y en a qui les déménage pour le rire comme pour le reste. Mais quand on rit c’est toujours au dépend de quelqu’un. Dès lors on peut rire de tout on doit rire de tout. Cela a déjà été dit et répété mais c’est bon d’insister.
Le rire est une arme contre la bêtise, contre la violence aveugle, contre le désespoir, contre la souffrance ; contre la maladie et bien sûr contre la mort. Le rire dénonce , il dérange, il désarme. Mais le rire n’a pas que ce côté obscur. Il peut aussi séduire. Il parait que les mortelles n’y sont pas insensibles et que les plus grands séducteurs ont beaucoup d’humour. Je doute un peu de cette rumeur qui court chez vous :. celui chez qui je me suis installé dernièrement semble ne pas manquer d’esprit mais je ne lui sais pas beaucoup de conquêtes. Il faut dire que c’est un sentimental : il me fait l’impression de s’être trompé de siècle.
Celui qui fait rire est souvent quelqu’un qui souffre et parfois même c’est un désespéré. Regardez les plus grands, disparus pour la plupart : Chaplin, Keaton et plus près de nous même s’ils ne sont pas dans ce panthéon : Desproges ou Métayer. Regardez le Cinéma italien des années 70 : « pain et chocolat », « les monstres », « les nouveaux monstres », et bien sûr plus près de nous « la vie est belle ». On rit pour ne pas pleurer et parfois on pleure de rire et aussi on pleure de ne plus pouvoir rire. Sur le fil du rasoir, on hésite et on n’est pas le seul et puis parfois on bascule du côté des larmes et il pleut dans votre miroir.
N’en ayez pas honte mes chers mortels, c’est quand vous êtes « humains » qu’Hadès vous aime le plus même si cela lui enlève quelques clients il sait bien que la multitude lui apportera son lot au royaume des ombres….. ; Alors riez que diable.. ;.(voilà que çà me reprend !!!!
mardi 24 juin 2008
L'acacia, la girafe et le mathématicien
Il est 5H30, le jour se lève, le soleil ne devrait pas tarder, c’est toujours le jour qui se lève le premier , c’est lui qui prépare le café tous les matins. Parfois même l’autre feignasse ne se lève pas avant midi, parfois même il reste caché/couché pendant plusieurs jours, plusieurs semaines et même plusieurs mois parait il là-haut vers le nord.
Par la fenêtre on entend le rossignol. Il n’arrête pas le bougre. Il sait que ses jours sont comptés alors il vit à cent à l’heure. Il me fait penser à l’empressement de la nature en haute montagne : elle n’a que quelques semaines pour pousser, fleurir, se reproduire alors dès que la terre commence à se réchauffer elle explose.
On a coutume de croire que seul l’homme a une conscience, qu’il est le seul à se savoir exister, se situer dans le temps et savoir qu’il va mourir. Les autres êtres vivants ne semblent réagir que dans l’instant et tout vivre pour la première fois. Bien sûr ils mémorisent leurs expériences : ceux qui chassent par exemple vont améliorer leur technique. Mais pas de conscience dans cet enregistrement.
Changeons d’échelle et au lieu de prendre un être vivant isolé prenons un groupe : les insectes sociaux par exemple comme les fourmis ou les abeilles. Une abeille toute seule même dans les conditions météo idéales de l’été vit en moyenne 45 jours mais isolez là de la ruche et en quelques heures elle sera morte. Et à l’intérieur de la ruche, où il y a des dizaines de milliers d’abeilles règne une organisation parfaite, spartiate certes, impitoyable oui mais qui assure la pérennité de la colonie. Tout ceci relève du comportement naturel nous dit on. Soit.
Changeons d’espèces et allons faire un tour chez les végétaux. Prenons certaines variétés d’acacias qui vivent en Afrique à ne pas confondre avec les robiniers faux acacias qui vivent en Europe (n’est ce pas Perséphone ? elle confond toujours). Certaine espèce voit sa végétation sommitale souvent mangée par les girafes. Cet arbre a développé au fil du temps une défense naturelle et quand une girafe commence à grignoter ses feuilles, il émet une substance toxique et la grande dégingandée est obligée d’abandonner le buffet mais l’ingéniosité de l’arbre -et au-delà de Mère Nature- ne s’arrête pas à faire fuir la girafe. Cette substance, portée par le vent, va croiser d’autres acacias qui, réceptifs à ce qu’il faut bien appeler un message d’alerte, vont se mettre eux aussi à produire le même répulsif et inciter les girafes affamées à passer leur chemin.
Changeons à nouveau d’échelle et aussi d’espèces. Ne prenons plus un individu, animal ou végétal, ni un groupe d’individus mais la totalité des espèces mais aussi l’espace sur lesquels elles s’ébattent dans la plus grande insouciance. Bref prenons la terre dans sa globalité et qu’observons nous ? Qu’elle se comporte comme une espèce isolée, qu’elle a un comportement « naturel » -le contraire aurait été étonnant- mais que des changements brusques peuvent apparaître. Son comportement « naturel’ qu’on appelle l’évolution, s’étale sur plusieurs milliers, millions et parfois même milliards d’années et ses changements brusques sur quelques siècles et parfois même sur quelques dizaines d’années : le réchauffement climatique par exemple ressemble fort à une réaction à une agression, celle de l’espèce humaine bien sûr.
A ce stade du match je vous laisse cinq minutes pour la pose cigarette, bière, toilettes dans l’ordre qui vous plaira- pardon mesdames de ces propos très masculins- et pas machistes- mais qui ne font finalement que mettre à nu l’extrême délicatesse qui vous caractérise. Bon c’est bon tout le monde est revenu ? Messieurs c’est fini : les canettes sont ouvertes , les braguettes sont fermées et non le contraire ? Alors le match reprend.
A ce moment de la partie, je suis sûr que vous êtes en train de vous dire que ce mec fume et fume de plus en plus tôt le matin. Pas du tout et je le prouve.
Je vais essayer de mettre en adéquation ce qui précède avec une théorie mathématique assez récente –elle date des années 70- la théorie des fractales. Je vais faire simple car je serai bien em……si je devais rentrer dans les détails et je ne suis pas sûr d’être simple en voulant ne pas être compliqué (j’ai été clair là non !).
Une fractale est une forme infiniment imbriquée dans elle-même dont certaines parties sont semblables au tout. La nature nous offre maints objets fractals: une feuille d'arbre ressemble à l'arbre lui-même, un caillou évoque une montagne, un morceau de chou-fleur ressemble au chou-fleur en entier.et la Bretagne, par exemple, est un objet fractal parce que quelle que soit l’échelle à laquelle on l’observe –espace, avion, au niveau du sol- on fera les mêmes constatations sur le découpage de sa côte...La géométrie euclidienne ne pouvant pas définir avec précision ces objets naturels complexes, le mathématicien polonais –comme quoi y a des polonais qui picolent pas – Benoit Mandelbrot a développé la théorie des fractales pour décrire ces formes.
Maintenant que vous savez à quoi sert cette théorie vous vous demandez qu’elle est son utilité au quotidien : infinie et dans beaucoup de domaines comme l’informatique, la médecine, la construction, etc.…La construction par exemple : on s’est aperçu que le relief des côtes amortissait le bruit des vagues et cette observation associée à la théorie des fractales, a permis de construire des murs antibruit beaucoup plus efficaces.
Quel rapport avec tout ce qui précède ?
Raisonnons par analogie et appliquons la théorie des fractales non plus à des objets mais aux comportements que l’on observe sur terre. Nous constatons que tous les êtres vivants communiquent entre eux et que la terre, inerte, communique aussi avec le vivant qu’elle supporte – et le mot est plein de sens aujourd’hui- .Quelle que soit l’échelle à laquelle on se place sur terre il existe une communication entre tout ce qui existe vivant ou pas. Dès lors pourquoi serions-nous les seuls à avoir une conscience ? Si ce n’est à cause de notre modestie anthropomorphique qui nous pousse, comme je le rappelai au début de cette séance d’hypnose collective, à nous croire les seuls êtres pensants. La théorie des fractales , si on pouvait l’appliquer au comportement, permettrait de prouver qu’il existe une conscience collective, totale, dont la conscience humaine ne serait qu’une émanation, peut-être la plus développée –mais pas la plus raisonnable-.
C’est à cette hypothèse que je voulais en venir. Je crois que tout ce qui existe pense et participe du même mouvement. Reste à le prouver aux scientifiques dont au sujet desquels vous savez ce que je pense !
Bon ben ça me vaut rien de me lever à 5H00 du matin, moi. Je t’ai un de ces coups de barre …
Par la fenêtre on entend le rossignol. Il n’arrête pas le bougre. Il sait que ses jours sont comptés alors il vit à cent à l’heure. Il me fait penser à l’empressement de la nature en haute montagne : elle n’a que quelques semaines pour pousser, fleurir, se reproduire alors dès que la terre commence à se réchauffer elle explose.
On a coutume de croire que seul l’homme a une conscience, qu’il est le seul à se savoir exister, se situer dans le temps et savoir qu’il va mourir. Les autres êtres vivants ne semblent réagir que dans l’instant et tout vivre pour la première fois. Bien sûr ils mémorisent leurs expériences : ceux qui chassent par exemple vont améliorer leur technique. Mais pas de conscience dans cet enregistrement.
Changeons d’échelle et au lieu de prendre un être vivant isolé prenons un groupe : les insectes sociaux par exemple comme les fourmis ou les abeilles. Une abeille toute seule même dans les conditions météo idéales de l’été vit en moyenne 45 jours mais isolez là de la ruche et en quelques heures elle sera morte. Et à l’intérieur de la ruche, où il y a des dizaines de milliers d’abeilles règne une organisation parfaite, spartiate certes, impitoyable oui mais qui assure la pérennité de la colonie. Tout ceci relève du comportement naturel nous dit on. Soit.
Changeons d’espèces et allons faire un tour chez les végétaux. Prenons certaines variétés d’acacias qui vivent en Afrique à ne pas confondre avec les robiniers faux acacias qui vivent en Europe (n’est ce pas Perséphone ? elle confond toujours). Certaine espèce voit sa végétation sommitale souvent mangée par les girafes. Cet arbre a développé au fil du temps une défense naturelle et quand une girafe commence à grignoter ses feuilles, il émet une substance toxique et la grande dégingandée est obligée d’abandonner le buffet mais l’ingéniosité de l’arbre -et au-delà de Mère Nature- ne s’arrête pas à faire fuir la girafe. Cette substance, portée par le vent, va croiser d’autres acacias qui, réceptifs à ce qu’il faut bien appeler un message d’alerte, vont se mettre eux aussi à produire le même répulsif et inciter les girafes affamées à passer leur chemin.
Changeons à nouveau d’échelle et aussi d’espèces. Ne prenons plus un individu, animal ou végétal, ni un groupe d’individus mais la totalité des espèces mais aussi l’espace sur lesquels elles s’ébattent dans la plus grande insouciance. Bref prenons la terre dans sa globalité et qu’observons nous ? Qu’elle se comporte comme une espèce isolée, qu’elle a un comportement « naturel » -le contraire aurait été étonnant- mais que des changements brusques peuvent apparaître. Son comportement « naturel’ qu’on appelle l’évolution, s’étale sur plusieurs milliers, millions et parfois même milliards d’années et ses changements brusques sur quelques siècles et parfois même sur quelques dizaines d’années : le réchauffement climatique par exemple ressemble fort à une réaction à une agression, celle de l’espèce humaine bien sûr.
A ce stade du match je vous laisse cinq minutes pour la pose cigarette, bière, toilettes dans l’ordre qui vous plaira- pardon mesdames de ces propos très masculins- et pas machistes- mais qui ne font finalement que mettre à nu l’extrême délicatesse qui vous caractérise. Bon c’est bon tout le monde est revenu ? Messieurs c’est fini : les canettes sont ouvertes , les braguettes sont fermées et non le contraire ? Alors le match reprend.
A ce moment de la partie, je suis sûr que vous êtes en train de vous dire que ce mec fume et fume de plus en plus tôt le matin. Pas du tout et je le prouve.
Je vais essayer de mettre en adéquation ce qui précède avec une théorie mathématique assez récente –elle date des années 70- la théorie des fractales. Je vais faire simple car je serai bien em……si je devais rentrer dans les détails et je ne suis pas sûr d’être simple en voulant ne pas être compliqué (j’ai été clair là non !).
Une fractale est une forme infiniment imbriquée dans elle-même dont certaines parties sont semblables au tout. La nature nous offre maints objets fractals: une feuille d'arbre ressemble à l'arbre lui-même, un caillou évoque une montagne, un morceau de chou-fleur ressemble au chou-fleur en entier.et la Bretagne, par exemple, est un objet fractal parce que quelle que soit l’échelle à laquelle on l’observe –espace, avion, au niveau du sol- on fera les mêmes constatations sur le découpage de sa côte...La géométrie euclidienne ne pouvant pas définir avec précision ces objets naturels complexes, le mathématicien polonais –comme quoi y a des polonais qui picolent pas – Benoit Mandelbrot a développé la théorie des fractales pour décrire ces formes.
Maintenant que vous savez à quoi sert cette théorie vous vous demandez qu’elle est son utilité au quotidien : infinie et dans beaucoup de domaines comme l’informatique, la médecine, la construction, etc.…La construction par exemple : on s’est aperçu que le relief des côtes amortissait le bruit des vagues et cette observation associée à la théorie des fractales, a permis de construire des murs antibruit beaucoup plus efficaces.
Quel rapport avec tout ce qui précède ?
Raisonnons par analogie et appliquons la théorie des fractales non plus à des objets mais aux comportements que l’on observe sur terre. Nous constatons que tous les êtres vivants communiquent entre eux et que la terre, inerte, communique aussi avec le vivant qu’elle supporte – et le mot est plein de sens aujourd’hui- .Quelle que soit l’échelle à laquelle on se place sur terre il existe une communication entre tout ce qui existe vivant ou pas. Dès lors pourquoi serions-nous les seuls à avoir une conscience ? Si ce n’est à cause de notre modestie anthropomorphique qui nous pousse, comme je le rappelai au début de cette séance d’hypnose collective, à nous croire les seuls êtres pensants. La théorie des fractales , si on pouvait l’appliquer au comportement, permettrait de prouver qu’il existe une conscience collective, totale, dont la conscience humaine ne serait qu’une émanation, peut-être la plus développée –mais pas la plus raisonnable-.
C’est à cette hypothèse que je voulais en venir. Je crois que tout ce qui existe pense et participe du même mouvement. Reste à le prouver aux scientifiques dont au sujet desquels vous savez ce que je pense !
Bon ben ça me vaut rien de me lever à 5H00 du matin, moi. Je t’ai un de ces coups de barre …
lundi 23 juin 2008
La petite Elvire
Mon hôte travaille avec des enfants, allez ce n’est pas traduire grand secret si je vous dis que c’est dans un collège avec la tranche d’âge 11/16 ans. Le bel âge : celui où ils sont à la fois le plus chiant (y a pas d’autre mot je crois) et le plus attachant ce laps de temps très court où les petites filles deviennent femme dont on dit qu’elle est si belle au sortir de l’enfance et les petits garçons de grands benêts et je suis poli.
On vit avec nos enfants tous les jours alors parfois on ne les voit pas grandir mais de l’extérieur, les gosses des autres on les voit de temps en temps et parfois on ne fait pas attention à eux pendant plusieurs semaines, plusieurs mois et tout d’un coup on voit débarquer une grande pleine de seins ou un grand plein de poils et dans tous les cas de boutons et de doute. Ils sont merveilleux et je les adore même les plus durs peut-être davantage que les autres les plus durs. On ne prête qu’aux riches et ils sont très riches de souffrance et y a des gosses qui souffrent vous n’avez pas idées. Des petiots qui n’ont rien à faire des math, du français ou des sciences de la vie et de la terre. Ils viennent chercher au collège un équilibre, une reconnaissance, des repères qu’ils n’ont plus, qu’ils n’ont peut-être jamais eu.
Des familles à la Zola pas toujours très pauvre mais souvent et souvent avec le cortège de béatitudes qui va avec : pas de boulot ou des trucs à mi-temps pour 6 mois (juste de quoi faire plaisir aux statisticiens du chômage), et puis aussi un des parents qui picole (parfois les deux) enfin le quart monde quoi. Ca existe devant chez moi donc devant chez vous. Et çà vous fait des gosses brisés à qui il faudrait 7 vies comme les chats, pour arriver à en vivre une à peu prés correcte. Alors avec l’assistante sociale on essaie de repérer les enfants en situation difficile. Les repérer c’est facile, intervenir ça l’est moins. Mais l’AS elle sait faire : trouver les mots, amener les situations qui permettent de parler aux enfants comme à leurs parents. Parce que vous avez remarqué que, autant les pleins aux as ils s’étalent au grand jour, autant les fauchés sont très discrets c’est pour çà d’ailleurs que l’on croit qu’ils n’existent pas et donc que l’on ne fait rien pour eux.
La petite qui m’amène à vider mon sac ce soir s’appelle Elvire : un petit bout de chou de rien du tout que l’AS suivait depuis quelques temps et dont elle pensait qu’elle ne mangeait pas à sa faim. Elle m’avait prévenu et un matin à l’arrivée des bus, vers 7H45, j’ai vu débarqué la petite Elvire à mon bureau.
Elle a frappé à ma porte et je suis allé lui ouvrir. Elle était là devant moi avec son petit mètre trente et ses grands yeux bleu et cernés et un grand sourire. Et l’association de ce sourire et de cette tristesse donnait une douloureuse image de désespoir. Je l’ai prise par l’épaule et je l’ai conduite à la salle à manger du personnel. J’avais prévenu le cuisinier et il avait préparé ce qu’il fallait et je lui ai servi son petit déjeuner. Je lui ai demandé si elle avait faim mais ma question était idiote : il suffisait de la regarder manger pour s’en rendre compte. Elle m’a répondu « Oh oui » en attaquant la troisième tartine. J’en aurai chialé de rage mais comme elle était là je lui ai fait un grand sourire et je lui ai dit de prendre son temps que j’allais prévenir sa prof de SVT qu’elle serait un peu en retard.
Tous les matins la petite Elvire vient prendre son petit déjeuner au collège et quand j’ai le temps je l’accompagne en prenant un café. C’est mon premier bonheur de la journée. La semaine prochaine ce sont les vacances et qui va lui donner son petit dèj à mon petit oiseau hein , toute seule chez elle avec son père fauché et le frigo vide?
Au vu de la comptabilité publique je suis fautif car je la nourris gratuitement. Pour être en règle avec le droit il faudrait que je la laisse le ventre vide. On vit une époque formidable. Que faire je ne sais pas alors je continue mon travail de fourmis et je donne à manger ou à sourire (ce qui est un peu la même chose) à des enfants. Y a pire comme métier mais tant que je continuerai à le faire c’est qu’il y aura des petites Elvire qui partiront de chez elle le ventre vide et la tête pleine de questions sur le monde où elles ont débarqué.
Pardonnes mon blues de ce soir mon pote mais les petites filles tristes me bouleversent et les grandes aussi d’ailleurs n’est ce pas Perséphone ?
On vit avec nos enfants tous les jours alors parfois on ne les voit pas grandir mais de l’extérieur, les gosses des autres on les voit de temps en temps et parfois on ne fait pas attention à eux pendant plusieurs semaines, plusieurs mois et tout d’un coup on voit débarquer une grande pleine de seins ou un grand plein de poils et dans tous les cas de boutons et de doute. Ils sont merveilleux et je les adore même les plus durs peut-être davantage que les autres les plus durs. On ne prête qu’aux riches et ils sont très riches de souffrance et y a des gosses qui souffrent vous n’avez pas idées. Des petiots qui n’ont rien à faire des math, du français ou des sciences de la vie et de la terre. Ils viennent chercher au collège un équilibre, une reconnaissance, des repères qu’ils n’ont plus, qu’ils n’ont peut-être jamais eu.
Des familles à la Zola pas toujours très pauvre mais souvent et souvent avec le cortège de béatitudes qui va avec : pas de boulot ou des trucs à mi-temps pour 6 mois (juste de quoi faire plaisir aux statisticiens du chômage), et puis aussi un des parents qui picole (parfois les deux) enfin le quart monde quoi. Ca existe devant chez moi donc devant chez vous. Et çà vous fait des gosses brisés à qui il faudrait 7 vies comme les chats, pour arriver à en vivre une à peu prés correcte. Alors avec l’assistante sociale on essaie de repérer les enfants en situation difficile. Les repérer c’est facile, intervenir ça l’est moins. Mais l’AS elle sait faire : trouver les mots, amener les situations qui permettent de parler aux enfants comme à leurs parents. Parce que vous avez remarqué que, autant les pleins aux as ils s’étalent au grand jour, autant les fauchés sont très discrets c’est pour çà d’ailleurs que l’on croit qu’ils n’existent pas et donc que l’on ne fait rien pour eux.
La petite qui m’amène à vider mon sac ce soir s’appelle Elvire : un petit bout de chou de rien du tout que l’AS suivait depuis quelques temps et dont elle pensait qu’elle ne mangeait pas à sa faim. Elle m’avait prévenu et un matin à l’arrivée des bus, vers 7H45, j’ai vu débarqué la petite Elvire à mon bureau.
Elle a frappé à ma porte et je suis allé lui ouvrir. Elle était là devant moi avec son petit mètre trente et ses grands yeux bleu et cernés et un grand sourire. Et l’association de ce sourire et de cette tristesse donnait une douloureuse image de désespoir. Je l’ai prise par l’épaule et je l’ai conduite à la salle à manger du personnel. J’avais prévenu le cuisinier et il avait préparé ce qu’il fallait et je lui ai servi son petit déjeuner. Je lui ai demandé si elle avait faim mais ma question était idiote : il suffisait de la regarder manger pour s’en rendre compte. Elle m’a répondu « Oh oui » en attaquant la troisième tartine. J’en aurai chialé de rage mais comme elle était là je lui ai fait un grand sourire et je lui ai dit de prendre son temps que j’allais prévenir sa prof de SVT qu’elle serait un peu en retard.
Tous les matins la petite Elvire vient prendre son petit déjeuner au collège et quand j’ai le temps je l’accompagne en prenant un café. C’est mon premier bonheur de la journée. La semaine prochaine ce sont les vacances et qui va lui donner son petit dèj à mon petit oiseau hein , toute seule chez elle avec son père fauché et le frigo vide?
Au vu de la comptabilité publique je suis fautif car je la nourris gratuitement. Pour être en règle avec le droit il faudrait que je la laisse le ventre vide. On vit une époque formidable. Que faire je ne sais pas alors je continue mon travail de fourmis et je donne à manger ou à sourire (ce qui est un peu la même chose) à des enfants. Y a pire comme métier mais tant que je continuerai à le faire c’est qu’il y aura des petites Elvire qui partiront de chez elle le ventre vide et la tête pleine de questions sur le monde où elles ont débarqué.
Pardonnes mon blues de ce soir mon pote mais les petites filles tristes me bouleversent et les grandes aussi d’ailleurs n’est ce pas Perséphone ?
mercredi 18 juin 2008
Des dieux et des hommes...
Est-ce que les dieux existent ? Certains d’entre vous se posent souvent la question.Le postulat de départ étant que, moi, Hadès, j’existe puisque j’ai écrit cette prose que vous êtes en train de lire . CQFD. J’entends déjà les commentaires :: ce sont les hommes qui ont créés les dieux soit pour les aider à supporter la vie et accepter l’idée de la mort soit pour pouvoir dominer leurs semblables. Ou bien encore s’il n’y avait pas de mortels il n’y aurait pas de dieux.
Il n’y a rien qui vous choque dans cette dernière phrase ? Cet anthropomorphisme est le même qui vous fait vous croire unique dans votre univers et ce qui est surprenant c’est que les croyants et les athées l’utilisent en chœur pour arriver à des positions diamétralement opposées. Cette réduction de la pensée est votre défaut majeur en tant qu’espèce. Elle aveugle votre raison et sera peut-être la cause de votre perte. Même aujourd’hui où vous avez réussi à dérégler le fonctionnement de votre caillou, la majorité d’entre vous continue à raisonner en espèce supérieure, qui, soit par choix divin (je peux vous assurer que là on n’y est pour rien) soit par résultat de l’évolution, êtes les maîtres de ce grain de poussière. Quel orgueil mal placé !
Bien sûr il y a en vous une part de déicité puisque c’est nous qui vous avons créé et j’en veux pour preuve que vous êtes capable du pire et du meilleur .comme le sont les dieux. Vous connaissez les exemples mieux que moi alors je ne vais pas vous les citer.
Pour la même raison il y a en nous un part d’humanité, celle qui nous a servi de modèle pour vous créer. Et je n’ai qu’à prendre mon cas personnel pour vous le prouver. Cet amour fou que j’éprouve pour Perséphone, il n’a rien de divin et c’est bien là ma plus grande faiblesse. Mais nous ne raisonnons pas, nous, par anthropomorphisme. Nous n’avons pas besoin de tout ramener à nous puisque nous sommes tout. Nous savons, nous, que vous n’êtes pas seuls et que même quand vous aurez disparu de votre terre, la force de vie que nous y avons insufflé sera toujours présente et prendra le relais et Mère Nature fera se développer au gré de son humeur, du vent, des courants ou de la température une espèce d’insecte, d’oiseau ou de plante. Oui ça me plait assez les plantes : imaginez une terre dominée par les fleurs c’est quand même plus chouette que les zibous pardon les obus..
Vous vous souvenez que c’est Prométhée qui vous a donné la vie et le feu. Mais si, je vous en ai parlé il y a quelque temps déjà, faut suivre hein ! Mais vous avez ensuite inventé un autre feu ; celui des étoiles et c’est là que tout a basculé. Un peu d’Histoire, Ca fait toujours du bien l’Histoire : si l’on veut savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Ce qui suit est très sérieux. En 1939 le manuel d’instruction de la cavalerie polonaise comportait un chapitre consacré au maniement de la lance. Six ans plus tard deux bombes atomiques explosaient sur le Japon. Vous aviez acquis une infime partie de notre pouvoir mais trop vite, sans la peur qu’aurait du vous donner la raison.. Cette raison est finalement votre seule qualité et vous semblez la négliger et comme tous les dons qu’on ne développe pas elle s’atrophie Et si finalement le but ultime de l’évolution était de vous faire remonter dans les arbres – arbres que vous n’auriez jamais du quitter comme le disait Oncle Vania……(j’espère que tout le monde connaît Oncle Vania !!)
Pas très rigolo aujourd’hui le père Hadès mais c’est normal puisqu’on parlait de votre avenir…
Il n’y a rien qui vous choque dans cette dernière phrase ? Cet anthropomorphisme est le même qui vous fait vous croire unique dans votre univers et ce qui est surprenant c’est que les croyants et les athées l’utilisent en chœur pour arriver à des positions diamétralement opposées. Cette réduction de la pensée est votre défaut majeur en tant qu’espèce. Elle aveugle votre raison et sera peut-être la cause de votre perte. Même aujourd’hui où vous avez réussi à dérégler le fonctionnement de votre caillou, la majorité d’entre vous continue à raisonner en espèce supérieure, qui, soit par choix divin (je peux vous assurer que là on n’y est pour rien) soit par résultat de l’évolution, êtes les maîtres de ce grain de poussière. Quel orgueil mal placé !
Bien sûr il y a en vous une part de déicité puisque c’est nous qui vous avons créé et j’en veux pour preuve que vous êtes capable du pire et du meilleur .comme le sont les dieux. Vous connaissez les exemples mieux que moi alors je ne vais pas vous les citer.
Pour la même raison il y a en nous un part d’humanité, celle qui nous a servi de modèle pour vous créer. Et je n’ai qu’à prendre mon cas personnel pour vous le prouver. Cet amour fou que j’éprouve pour Perséphone, il n’a rien de divin et c’est bien là ma plus grande faiblesse. Mais nous ne raisonnons pas, nous, par anthropomorphisme. Nous n’avons pas besoin de tout ramener à nous puisque nous sommes tout. Nous savons, nous, que vous n’êtes pas seuls et que même quand vous aurez disparu de votre terre, la force de vie que nous y avons insufflé sera toujours présente et prendra le relais et Mère Nature fera se développer au gré de son humeur, du vent, des courants ou de la température une espèce d’insecte, d’oiseau ou de plante. Oui ça me plait assez les plantes : imaginez une terre dominée par les fleurs c’est quand même plus chouette que les zibous pardon les obus..
Vous vous souvenez que c’est Prométhée qui vous a donné la vie et le feu. Mais si, je vous en ai parlé il y a quelque temps déjà, faut suivre hein ! Mais vous avez ensuite inventé un autre feu ; celui des étoiles et c’est là que tout a basculé. Un peu d’Histoire, Ca fait toujours du bien l’Histoire : si l’on veut savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Ce qui suit est très sérieux. En 1939 le manuel d’instruction de la cavalerie polonaise comportait un chapitre consacré au maniement de la lance. Six ans plus tard deux bombes atomiques explosaient sur le Japon. Vous aviez acquis une infime partie de notre pouvoir mais trop vite, sans la peur qu’aurait du vous donner la raison.. Cette raison est finalement votre seule qualité et vous semblez la négliger et comme tous les dons qu’on ne développe pas elle s’atrophie Et si finalement le but ultime de l’évolution était de vous faire remonter dans les arbres – arbres que vous n’auriez jamais du quitter comme le disait Oncle Vania……(j’espère que tout le monde connaît Oncle Vania !!)
Pas très rigolo aujourd’hui le père Hadès mais c’est normal puisqu’on parlait de votre avenir…
mardi 10 juin 2008
Le casseur de cailloux et la cathédrale
Ce n’est pas à toi mon pote que je ferai l’injure d’apprendre que la recherche du bonheur est l’une de vos principales activités et la société dans laquelle vous vivez vous persuade chaque jour un peu plus que la promesse du bonheur est dans la consommation immédiate et continue. Se positionner dans un projet de croissance infinie est un non-sens puisque les ressources de la terre sont, elles, limitées. La consommation est mortifère. Elle ne donne pas le bonheur, elle donne le bien-être, ce qui est immédiat ce qui vous empêche d’attendre un jour meilleur parce que l’on veut tout tout de suite alors que le bonheur nécessite une réflexion, un projet et que ce projet se construit et nous oblige à la patience. La projection dans l’avenir est d’ailleurs une spécificité humaine (du moins sur votre planète) Ce qui donne de la valeur aux choses c’est le temps qu’il faut pour les obtenir. Certes il faut un minimum de confort matériel mais ce qui détermine le bonheur c’est le sens qu’on donne à ce que l’on fait.
Je ne résiste pas au plaisir de citer Boris Cyrulnik qui raconte la fable du casseur de cailloux qui est attribuée (à tort semble t il ) à Charles Péguy ;
« Charles Péguy va en pèlerinage à Chartres. Il voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux. Il s’approche de lui: «Qu’est-ce que vous faites, monsieur? – Vous voyez bien, je casse les cailloux, c’est dur, j’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai chaud. Je fais un sous métier, je suis un sous-homme.» Il continue et voit plus loin un autre homme qui casse les cailloux; lui n’a pas l’air mal. «Monsieur, qu’est-ce que vous faites? – Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des cailloux, je n’ai pas trouvé d’autre métier pour nourrir ma famille, je suis bien content d’avoir celui-là.» Péguy poursuit son chemin et s’approche d’un troisième casseur de cailloux, qui est souriant, radieux: «Moi, monsieur, dit-il, je bâtis une cathédrale.» Le fait est le même, l’attribution du sens au fait est totalement différente. Et cette attribution du sens vient de notre propre histoire et de notre contexte social. Quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière »
Il faut lire Cyrulnik : c’est une joie de l’esprit. Il nous ouvrira des portes dont on ignorait jusqu’à l’existence. Il nous apprendra à mieux nous connaître et à mieux appréhender nos semblables. Enfin et surtout, si vous vivez déjà en enfer sur terre , il vous aidera peut-être à en sortir : tout ça n’est pas très cohérent dans la bouche d’Hadès .C’est encore mon humanité qui reprend le dessus . Il va falloir que je me surveille ……....
Je ne résiste pas au plaisir de citer Boris Cyrulnik qui raconte la fable du casseur de cailloux qui est attribuée (à tort semble t il ) à Charles Péguy ;
« Charles Péguy va en pèlerinage à Chartres. Il voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux. Il s’approche de lui: «Qu’est-ce que vous faites, monsieur? – Vous voyez bien, je casse les cailloux, c’est dur, j’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai chaud. Je fais un sous métier, je suis un sous-homme.» Il continue et voit plus loin un autre homme qui casse les cailloux; lui n’a pas l’air mal. «Monsieur, qu’est-ce que vous faites? – Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des cailloux, je n’ai pas trouvé d’autre métier pour nourrir ma famille, je suis bien content d’avoir celui-là.» Péguy poursuit son chemin et s’approche d’un troisième casseur de cailloux, qui est souriant, radieux: «Moi, monsieur, dit-il, je bâtis une cathédrale.» Le fait est le même, l’attribution du sens au fait est totalement différente. Et cette attribution du sens vient de notre propre histoire et de notre contexte social. Quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière »
Il faut lire Cyrulnik : c’est une joie de l’esprit. Il nous ouvrira des portes dont on ignorait jusqu’à l’existence. Il nous apprendra à mieux nous connaître et à mieux appréhender nos semblables. Enfin et surtout, si vous vivez déjà en enfer sur terre , il vous aidera peut-être à en sortir : tout ça n’est pas très cohérent dans la bouche d’Hadès .C’est encore mon humanité qui reprend le dessus . Il va falloir que je me surveille ……....
samedi 7 juin 2008
Histoire de famille
Petit rappel sur nos histoires de famille: chacun sait que c’est mon frére Zeus qui domine notre monde qui est bien plus vaste que votre …comment dites vous déjà…village je crois…oui c’est çà le village où il fait bon vivre, Zeus donc a du batailler ferme pour arriver à prendre le pouvoir. Je vous rappelle qu’il est le seul à n’avoir pas été dévoré par notre père ce vieux fêlé de Cronos et que c’est lui qui nous a libéré avant de prendre la place de l’ancien. On lui en est d’ailleurs tous très reconnaissant mais une fois installé sur le trône il a changé notre Zeuzeu (c’est comme çà qu’on l’appelait entre nous parce qu’il lui restait un poil de la chèvre Amalthée sur la langue). Il n’y est pas arrivé tout seul en haut et sans nous il serait resté caché en Crête toute sa vie à téter sa chèvre. Le contrat au départ était qu’on participerait aux décisions, qu’il entendrait nos avis et qu’il en tiendrait compte enfin toutes ces choses qui ont fait que vos semblables de l’époque qui vivaient juste en dessous de nous ont inventé plus tard la démocratie.
Mais le pouvoir rend sourd, aveugle et parfois aussi intéressé et c’est ce qui est arrivé à notre Zeus. Pas plus tôt installé sur son trône, il a tout oublié. Chacun d’entre nous a été enfermé dans son domaine de compétence et interdiction d’en sortir. Il contrôlait tout et dans le même temps il faisait lui ce que bon lui semblait. Je ne te raconte pas le nombre de déesses et de mortelles qu’il a abusé, à tout les sens du terme, en se transformant en tout ce que tu peux imaginer.
Dans le même temps si l’un d’entre bougeait une oreille je te dis pas le coup de 380 qu’il nous envoyait avec son sabre laser pardon sa foudre portative. Prends ce pauvre Prométhée par exemple. C’était le contraire du mauvais cheval, Prométhée, et voyant cela Zeus lui avait confié la tache de créer la vie sur terre mais Prométhée, qui ne pensait qu’à faire le bien a aussi appris aux hommes à faire le feu, ce qui était un privilège des dieux. Il a eu le temps de le regretter le pauvre bougre. Quand Zeus a vu tous ces petits feux de joie s’allumaient sur votre terre il est entré dans une colère noire et il a collé le pauvre Prométhée attaché sur un rocher avec un coin d’acier planté dans la poitrine. Mais çà n’a pas calmé Prométhée et il a continué à insulter Zeus alors celui-ci a aggravé la punition en envoyant son aigle préféré (ouais chez nous le canari çà fait mauvais genre) lui dévorer le foie tous les jours d’où l’expression que vous utilisez je crois « se faire bouffer le foie ». Bon quelques milliers d’années plus tard tout çà est rentré dans l’ordre et ils ont fait la paix.
Excuses moi je me suis laissé emporter dans mes histoires de famille et je ne sais plus où je voulais en venir ; ha oui çà me revient. Je voulais te dire que vous ne savez pas la chance que vous avez de vivre dans ce régime mis aux points par les grecs. Ce n’est pas chez vous que ce genre de choses pourrait arriver n’est ce pas ?
Mais le pouvoir rend sourd, aveugle et parfois aussi intéressé et c’est ce qui est arrivé à notre Zeus. Pas plus tôt installé sur son trône, il a tout oublié. Chacun d’entre nous a été enfermé dans son domaine de compétence et interdiction d’en sortir. Il contrôlait tout et dans le même temps il faisait lui ce que bon lui semblait. Je ne te raconte pas le nombre de déesses et de mortelles qu’il a abusé, à tout les sens du terme, en se transformant en tout ce que tu peux imaginer.
Dans le même temps si l’un d’entre bougeait une oreille je te dis pas le coup de 380 qu’il nous envoyait avec son sabre laser pardon sa foudre portative. Prends ce pauvre Prométhée par exemple. C’était le contraire du mauvais cheval, Prométhée, et voyant cela Zeus lui avait confié la tache de créer la vie sur terre mais Prométhée, qui ne pensait qu’à faire le bien a aussi appris aux hommes à faire le feu, ce qui était un privilège des dieux. Il a eu le temps de le regretter le pauvre bougre. Quand Zeus a vu tous ces petits feux de joie s’allumaient sur votre terre il est entré dans une colère noire et il a collé le pauvre Prométhée attaché sur un rocher avec un coin d’acier planté dans la poitrine. Mais çà n’a pas calmé Prométhée et il a continué à insulter Zeus alors celui-ci a aggravé la punition en envoyant son aigle préféré (ouais chez nous le canari çà fait mauvais genre) lui dévorer le foie tous les jours d’où l’expression que vous utilisez je crois « se faire bouffer le foie ». Bon quelques milliers d’années plus tard tout çà est rentré dans l’ordre et ils ont fait la paix.
Excuses moi je me suis laissé emporter dans mes histoires de famille et je ne sais plus où je voulais en venir ; ha oui çà me revient. Je voulais te dire que vous ne savez pas la chance que vous avez de vivre dans ce régime mis aux points par les grecs. Ce n’est pas chez vous que ce genre de choses pourrait arriver n’est ce pas ?
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