mardi 11 novembre 2008

Papé

Chez moi dans le midi on dit Papé en tout cas quand j’étais gosse c’est comme çà que je l’appelai.. Aujourd’hui j’ai une pensée pour lui à cause de la date. Il l’avait faite cette putain de guerre. Était-elle pire que les autres ? Je n’en sais rien puisque je n’ai jamais fait la guerre. C’était quand même une belle saloperie. Je ne l’ai jamais entendu en parler et le peu que j’en sais c’est par ma mère que je l’ai appris. Il a été orphelin à 8 ans et placé par ses oncles comme berger dans l’Aveyron. Il dormait avec les moutons, dans la paille et chipait souvent le crouton au chien pour finir de se remplir le ventre.



Il est parti faire ses trois ans de service militaire en 1909 en Algérie pour en revenir en 1912 et là il a eu un petit répit de 2 ans avant de repartir pour le front. Il n’est revenu qu’au milieu de 1920 puisqu’il a rapatrié des prisonniers de guerre depuis le Danemark : j’ai retrouvé une carte postale de Copenhague de Mai 1920. Il se battait pour rien et pour personne puisqu’il n’avait plus de famille et rien qui lui appartenait. Comme les autres il est passé par tous les lieux de triste mémoire.



J’ai conservé trois souvenirs de lui. D’abord la plaque qui portait son nom et son lieu de mobilisation et qu’on lui aurait arrachée du cou s’il avait été tué, ensuite quelques lettres qu’il a envoyées à ma grand-mère, sa chère Marie et enfin un état de ses blessures établi après la guerre par la Mairie.

Je ne vais jamais aux cérémonies du 11 Novembre. La seule à laquelle je pourrais participer serait celle de Gentioux dans la Creuse où il est écrit sur le monument aux morts « Que maudite soit la guerre ».



Je garde aussi de lui l’image d’un homme peu expansif mais plein d’attention, Il avait la main leste mais ses calottes contenaient au moins autant d’amour que de réprimande Il a été viticulteur le reste de sa vie. Ce n’était pas sa destinée mais les malheurs de la vie l’ont guidé vers le midi et je crois qu’il y a été heureux.



Un jour il a eu une attaque (à l’époque on n’avait pas encore inventé les AVC…) et il n’a pas très bien récupéré du côté gauche alors il fallait l’aider pour certains gestes. Moi par exemple je lui portais sa chaufferette tous les après-midi au bistrot où il allait jouer au rami avec ses copains. Parfois il revenait au bout de 5 minutes car il s’était enguelé avec un des joueurs mais le lendemain c’était oublié.



J’aurais aimé être né plus tôt pour essayer de parler avec lui de cet enfer, avoir son témoignage. La vie ne l’a pas permis.



Je suis né dans la chambre en face de la sienne, là où il est mort une nuit de Mai 1969. Je me souviens très bien de ce jour là. J’étais en pension et le samedi matin je rentrais chez moi. Un ami de mes parents est venu me chercher à la gare et m’a posé devant la maison. Mon père m’a ouvert la porte et à mon sourire il a compris que l’ami ne m’avait rien dit. Il aurait bien aimé qu’un autre fasse le sale boulot mais çà lui est revenu. C’était normal. Il m’a dit : Papé est mort. Je suis resté comme un idiot quelques secondes avant d’éclater en sanglots. C’était mon premier deuil et mon Papé a été le premier mort que j’ai vu. A l’époque les gens mouraient le plus souvent chez eux. Dans la salle à manger il y avait un dessus de cercueil de fleurs rouges. J’avais un peu d’appréhension à aller le voir. Il était sur son lit. J’ai caressé son visage. Il était froid et dur comme une pierre. J’ai pleuré et je pleure encore en écrivant ces lignes et en pensant à lui…



Tous ces morts, lui et ceux qui ont suivi, m’ont pris chacun un peu de ma vie et je me demande ce qui palpite encore en moi…peut-être la vie de mes enfants.

samedi 8 novembre 2008

Guernica

Petite ville espagnole rendue tristement célèbre par la mort tombée du ciel nazi et aussitôt ressuscitée et immortalisée à jamais par Picasso dans son immense tableau, immense par la taille d'abord, immense aussi par l'effroi qui en ressort, immense par la violence que Picasso traduit.

Peint en quelques semaines le tableau ne sera exposé en Espagne au musée du Prado qu'après la mort de Franco. J'ai lu une anecdote sur ce tableau : un jour Picasso est au Prado devant Guernica et un touriste allemand croit le reconnaître et lui demande:
- C'est vous qui avez fait çà?
Et Picasso de lui répondre:
- Non c'est vous!

Les nazis croyaient rayer définitivement Guernica et ses habitants de la carte et Picasso les a inscrits pour toujours dans la mémoire des hommes. Ce doit être çà la victoire de l'artiste sur le barbare.

Une jeune artiste (allemande justement) Lena Gieseke, vient de réaliser une approche de Guernica en 3D. C'est une vidéo de seulement trois minutes mais c'est un pur bijou."http://www.lena-gieseke.com/guernica/movie.html"

jeudi 30 octobre 2008

Merci Ingrid...

Ingrid (est il utile de rajouter que je parle de Bettancourt…) vient d’annoncer qu’elle allait se reposer quelques mois à partir de Janvier 2009. Ouf ! Soyons clair ça nous reposera aussi….mais pas longtemps malheureusement car comme elle est tout sauf (conne) sotte, elle a déjà dans les tuyaux et un livre et une pièce de théâtre et un film et sûrement une comédie musicale. Et l’on peut être sûr que chaque fois que chacune de ses créations (à elle ou à son fan club) arrivera sur la place publique, on aura droit à un remake de son histoire.

Je veux bien que de longues années de captivité ça doit donner envie de se dégourdir les jambes.
Je veux bien qu’elle se sente obligée de remercier tous ceux qui l’ont soutenu pendant tout ce temps.
Je veux bien qu’elle ait à préparer son retour en politique.
Je veux bien tout ce qu’on veut mais elle commence à me gonfler sérieusement avec son omniprésence dans tous les médias.

Le plus vieil otage des FARC, Oscar Tulio Lizcano, vient d’être libéré grâce à la complicité de son gardien ce qui n’empêche pas certains médias de rapporter cet évènement en faisant parler qui ? Oui gagné …..Ingrid bien sûr.

Et ce pauvre Oscar, où a-t-il pu passer ces huit années ? Car enfin même s’il est plus vieux qu’Ingrid et otage depuis plus longtemps il est revenu dans un état pas possible. Des vêtements de récupération, sales comme lui, les yeux cernés comme la guérilla colombienne bref un otage emprisonné depuis de longues années dans un univers hostile.

C’est sûr que ça nous a changé de la descente d’avion d’Ingrid, pétant le feu, les valises déjà prêtes pour la tournée européenne, la visite au pape, le prix Nobel ‘(raté salaud de suédois !).

Peut-être qu’un jour un ex otage ou un ex geôlier nous dira où Ingrid a passé ses derniers mois de captivité. Et ça m’étonnerait que ce soit dans le même hôtel qu’Oscar…

dimanche 26 octobre 2008

Le temps qui passe...

Aujourd’hui 26 Octobre, grand jeu national et même européen ; le changement d’heure. Une ancienne plaisanterie giscardienne destinée à nous faire économiser l’énergie. Et puis ça permet aux troupes de se persuader qu’elles maîtrisent le temps qui passe.

Depuis que nous sommes devenu un village planétaire, nous sommes persuadés d’avoir fait un grand pas en avant dans le contrôle du temps puisque notre économie fonctionne désormais en temps réel . Et c’est vrai. Y a qu’à voir la crise financière : nous connaissons les plongeons des bourses au moment où ils se produisent. A propos de plongeons, j’ai remarqué que si les indices ont plongé aucun trader ne s’est jeté par la fenêtre du 15ème étage alors qu’en 1929, ça tombait comme à Gravelotte…

Ce n’est bien sûr pas le temps que nous contrôlons mais l’espace et encore notre espace terrestre. Y a qu’à voir ces magnifiques tableaux représentant notre planète à l’échelle du système solaire, de la galaxie ou de l’univers pour prendre conscience de ce que nous représentons. Nous sommes le pou du pou de la puce. Notre seul avantage (et peut-être notre principal défaut) c’est d’en avoir conscience.

Le temps emporte tout et nous avec et pourtant c’est tout le contraire d’un torrent furieux. Il s’écoule goutte à goutte, seconde après seconde et cela ne lui empêche pas de faire des ravages. Il créé son pays en avançant. Il est maître de tout puisque sans lui nous ne serions pas là.

Pas sûr du tout, tout çà. Et sans nous est ce qu’il serait là. C’est notre conscience qui nous fait appréhender le temps. Sans conscience pas de situation dans la durée, pas de passé, pas de présent et pas d’avenir. Et si la solution c’était tout simplement de redevenir le bon sauvage de Jean Jacques et de remonter dans ces arbres où nous avons vu le jour et que nous n’aurions jamais du quitter, s’il faut en croire Oncle Vania…..

…….Je t’ai un de ces coups de barre moi…. ça me vaut rien le changement d’heure.

samedi 11 octobre 2008

Archibald

Archibald et sa femme sont restés mariés pendant 14 ans mais heureusement pour lui il a été mobilisé de 1914 à 1918, période pendant laquelle il savait où était l’ennemi et les dangers qu’il représentait. Ce n’est pas dans son petit coucou au dessus des lignes allemandes qu’il a le plus risqué sa vie mais pendant tout le temps passé près de sa femme.

Une personne bien sous tout rapport sa femme : issue d’une excellente famille. ayant reçu une très bonne éducation. Et pourtant dès son retour de la guerre Archibald ne vivra plus qu’un long cauchemar jusqu’à son divorce en 1928. Dix ans ! Dix ans à vivre un enfer. Dix ans à avoir peur d’être empoisonné chaque fois qu’il buvait son thé, à être révolvérisé pendant son sommeil, à avoir un accident de chasse au bord d’un étang en plein hiver, Bref dix ans à vivre avec la certitude que sa femme avait décidé de l’éliminer

On comprend mieux pourquoi il était coureur de jupons Archibald. Il se disait que de toute façon il allait y passer alors autant prendre du bon temps puisque ses jours étaient comptés. Tous les soirs, quand il rentrait dans son home qui n’avait rien de sweet, c’était pour entendre sa femme lui raconter la nouvelle façon d’éliminer un gêneur qu’elle avait imaginée dans la journée : et que je t’étrangle, et que je t’égorge, et que j’empoisonne, et que je te donne un coup de révolver, et que je te pousse sous le train ou du haut de la falaise enfin bref tous les moyens étaient bon pour supprimer un proche.

Et puis finalement il s’en est tiré sans trop de mal le père Archi, même que sa femme, après leur divorce, a continué à porter son nom. Pas à la ville bien sûr puisqu’ils étaient divorcés mais pour son travail. Tout çà pour dire que si elle n’avait pas son pareil pour imaginer les pires turpitudes de l’âme humaine, elle avait aussi le sens des affaires Agatha Christie….

vendredi 3 octobre 2008

Histoire - Géo

On s’en souvient tous n’est ce pas ? C’est toujours l’Histoire en premier et après la Géographie tellement secondaire qu’on l’a réduite à sa première syllabe.. Même sur les manuels scolaires c’est écrit dans cet ordre. C’est donc que ce n’est pas un hasard mais bien réfléchi, voulu. Pourquoi ?

Ce qui a permis le développement de l’espèce humaine c’est sa capacité à évoluer et à s’adapter. Du premier objet naturel, caillou ou morceau de bois, utilisé comme outil jusqu’au Taser le dernier joujou de nos amis en bleu marine, quel chemin parcouru ! Et combien de domaines où, après avoir imité la nature nous l’avons dépassée et comment : les oiseaux volent à quelques centaines de mètres de hauteur, quelques milliers pour quelques espèces alors que nous nous arrachons à l’attraction terrestre. On pourrait multiplier les exemples à l’infini. De ce constat beaucoup d’hommes ont déduit que c’est notre espèce qui décidait de tout sur terre y compris du destin de la terre elle-même.

Pourtant si l’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que si nos ancêtres se sont adaptés pour évoluer ils ne l’ont pas fait de leur propre initiative. Nombre de préhistoriens pensent que quelque part dans l’actuelle Afrique de l’est, un changement climatique a entraîné une modification du milieu et la savane a remplacé la forêt. Pas en un week-end-end non. Faut le temps que ça se passe et les oncles Vania de l’époque ont eu le temps de s’habituer au nouveau paysage. Bref la disparition des arbres les a obligés à vivre de plus en plus sur le sol et là, pour éviter de se faire becqueter par plus gros et plus voraces qu’eux ben y avait intérêt à se tenir debout. Autant vous dire que plus d’un à du prendre l’apéro avec les tigres à dents de sabre en se sentant à la place de l’olive avant de comprendre comment voir arriver les mangeurs de primates. Mais finalement c’est à eux qu’on doit d’être ici. Parce que ceux qui s’en sont tirés ce ne sont pas les plus courageux mais au contraire les plus péteux ou les plus malins. D’ailleurs ça n’a pas beaucoup changé.

Plus tard quand on a commencé à ressembler de plus en plus à des hominidés, c’est encore la nature, le relief, le milieu c'est-à-dire la terre qui a déterminé l’implantation des lieux d’habitat, des voies de communication terrestres, fluviales ou maritimes. C’est donc bien la géographie qui a déterminé l’histoire des hommes et la géographie n’est après tout que l’histoire de la terre. On l’a oublié à un point tel qu’on a organisé son pillage et sa destruction et qu’elle est en train de nous rappeler à l’ordre des choses.

Tout çà pour dire qu’une nouvelle fois notre légendaire anthropomorphisme nous conduit à penser et agir plus haut que nos possibilités car enfin les premiers hominidés sont situés à la louche en silex entre 5 et 10 millions d’années. Au train où vont nos comportements et les choses il y a fort à parier que d’ici quelques dizaines de milliers d’années les hommes auront disparu de la planète Terre.Donc notre présence sur terre aura duré une dizaine de millions d’années. En comparaison les dinosaures ont vécu pendant plus de 150 millions d’années et la Terre a 4.5 milliards d’années.

Ce qui caractérise l’homme c’est sa capacité à se projeter, capacité qu’il semble être en train de perdre ce qui pourrait être l’explication de son extinction.

vendredi 26 septembre 2008

Salauds de pauvres

L’écologie est à la mode, c’est un sujet porteur, qui fait vendre et plus on vent plus on consomme et plus on consomme plus on concourt à la destruction de la planète: la consommation est mortifère. Ne pas le penser est dangereux et pour moi soyons clair les homos consominus sont plus dangereux que les pires des serials killers car ils ne menacent pas quelques individus mais la vie toute entière.

Et qui pollue le plus ? les pauvres !

On les a tous vu entassés à 7 dans leur vieille voiture qui pollue et qui passe le contrôle technique grâce au lien étroit qui existe entre le contrôleur et une boisson anisée bien connue. Le loueur de voitures Ucar a même lancé une campagne de pub sur le thème « Les pauvres sont déguelasses : ils polluent ».
On les a tous vu encombrer nos centres villes pour traîner devant des boutiques dans lesquelles on ne les laissera même pas entrer.
On les a tous vus dans ces supermarchés de bas étage où, après avoir pollué la planète, ils vont se polluer le corps avec des produits pas chers et douteux.
On les a tous vus se chauffer maladroitement avec de vieux poêles à charbon.

Changeons d’échelle et ne prenons plus les individus mais les états.

Lesquels polluent le plus ? Les pauvres.

Et c’est le Brésil qui détruit la forêt amazonienne, notre poumon à tous. Et c’est Chavez qui, après avoir nationalisé les compagnies pétrolières, vent le super 4 centimes d’€ le litre. Et c’est la Chine, dont les 4/5 sont très pauvres et qui pollue tant qu’elle peut.

Heureusement les riches sont là et les décideurs aussi. Ben oui ce sont les mêmes. Et que je te mets le super à 1.50 €. Et que je t’augmente le prix des autoroutes. Et que je vais te mettre des péages à l’entrée des grandes villes (12 £ pour rentrer dans Londres(sur ce dernier point on a réinventé l’eau tiède puisque ce dispositif s’appelait il y a quelques siècles l’octroi mais s’appliquait aux marchandises)). Et que je te prends des arrêtés anti-mendicité afin de supprimer la pollution visuelle.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il ne faut pas supprimer les pauvres sinon à qui les riches pomperont ils leur fric ? Non il faut simplement leur faire comprendre de gré ou de force, que c’est une sous-espèce devant donc vivre dans un sous monde en se nourrissant de sous- produits et tout çà loin de la vue des riches à qui ils gâchent les plaisirs !

En face des pauvres, les riches, seul ou à la rigueur à deux dans des voitures presque aussi longues que leur bateau, des voitures propres, qui ne fument pas, qui ne sentent pas le cramé mais le cuir, qui n’encombrent pas les rues et les parking de nos belles cités puisqu’ils ont des garages eux et qu’ils ne font pas du lèche-vitrine devant les épiceries fines puisqu’ils sont à l’intérieur.

La plupart des défenseurs de l’environnement sont favorables à la hausse du prix des carburants car, la preuve en a été faite, c’est la seule façon de diminuer la consommation. Cet argument a ceci de formidable qu’il a donné à nos décideurs et aux grandes compagnies une raison saine, honnête et écologiste de se remplir les poches : Total, qui traîne les pieds dans l’affaire de l’Erika, 12 milliard d’euros de bénéfice en 2007 ; Exxon, l’américain, 25 milliards de dollars de bénéfice la même année. Et l’on sait bien que la défense de l’environnement est leur cheval de bataille à ces grands groupes. Y a qu’à les voir se frotter les mains à l’idée que la fonte du pôle nord leur permettra de raccourcir la route de leurs bateaux de 9 000 km et de réaliser de substantielles économies.


Mais l’augmentation des prix des carburants touche d’abord et surtout les plus fauchés qui ont un besoin impératif de se déplacer pour aller au boulot ou en chercher. Vous avez bien sûr compris que je n’en veux nullement aux pauvres. Ce qui est le plus désespérant dans ce qui précède c’est que j’ai un peu grossi le trait mais tout ce que j’ai dit est vrai. Seule l’interprétation est fausse.

Alors reprenons donc depuis le début : les pauvres d’abord : est ce qu’ils polluent ? Non bien sûr car pour polluer il faut consommer et pour consommer il faut de l’argent et ils n’en ont pas. Ceux qui ne comprennent pas çà n’ont jamais été pauvre. Mon hôte a été pauvre : il portait les vêtements et les chaussures des autres, il ne savait pas ce qu’était l’argent de poche, ni la télé, ni les vacances ailleurs que dans son village, ni la voiture ni aucun des biens de consommation. Le confort matériel ne lui a pas manqué : c’était comme çà ! Mais aujourd’hui cela lui donne une indépendance de corps et d’esprit qu’il ne vendrait pas pour tout l’or du monde ! Regardons les plus pauvres de tous : les africains : ils ne jettent rien, ils récupèrent tout. La gestion des déchets ce sont les pauvres qui l’ont inventée !

Ai-je besoin de vous dire ce que je pense de ceux qui brûlent du kérosène ou du super par plaisir ? Non je ne crois pas. Les riches polluent pour les raisons inverses qui font que les pauvres ne polluent pas ou peu.

Changeons à nouveau d’échelle et replaçons-nous au niveau des états et qu’observons-nous? Que c’est la même chose. Les états industriels, USA en tête, sont les plus gros pollueurs et pour faire encore mieux ils achètent aux pays pauvres leurs quotas de droit à polluer ! C’est y pas formidable cette conscience collective. Et qui donne des exemples de cette conscience là. Les pays pauvres encore et toujours : l’Equateur par exemple qui vient d’annoncer qu’il renonçait à exploiter des réserves pétrolières car cette exploitation menacerait l’environnement du parc naturel Yasuni. C’est l’Inde qui remplace les pompes à fuel utilisées pour monter l’eau des puits par des pompes à pédales ; c’est la Rhodésie qui a modifié les méthodes de construction des maisons dans ses campagnes pour arrêter la déforestation et bien d’autres exemples encore.

L’on a invité mon hôte à aller aux Seychelles en février prochain au motif que dans trente ans ces îles seraient sous l’eau. A-t-on déjà entendu plus grosse connerie (pardon mais y a pas d’autre mot) Sous prétexte que cet archipel risque de disparaître on va se dépêcher d’y aller même si cela accélère sa disparition. : c’est ce qu’il a répondu et il est passé pour un empêcheur de voyager en rond. Prenons exemple sur la grotte de Lascaux découverte par quatre garnements en 1940 et que Malraux a interdit au public en 1963 pour la protéger et où l’on vient de trouver, malgré les mesures de protection draconiennes, qu’elle est encore menacée par des champignons. Et bien si l’on veut protéger les Seychelles, il faut faire comme avec Lascaux, ne pas y aller.


Salauds de pauvres, comme disait Gabin à Bourvil dans la traversée de Paris. C’est sûr que ça ne sanctifie pas la pauvreté mais ça donne quand même des circonstances atténuantes. Alors comme le sétois, quand je vois passer un voleur d’œuf, je le laisse partir surtout si celui qui me demande de l’arrêter est un voleur de bœuf !

mardi 16 septembre 2008

Bleu ciel ou bleu marine

L’été dernier, dans son collège, mon hôte a fait repeindre des salles de classe en bleu ciel pour qu’au moins, là, les enfants aient un horizon gai ! Et puis là, ce matin, dans un journal d’annonces gratuit, je tombe sur une publicité pour la carrière de surveillant pénitentiaire en tenue bleu marine comme toutes les forces de l’ordre au sens le plus large du terme.

Vous savez que les écoles maternelles risquent de disparaître, que les réseaux d’aide spécialisé aux élèves en difficulté (les RASED) risquent de finir pareil. Toutes ces réformes s’accompagnent de suppressions massives de postes. Dans le même temps, on recrute dans la gendarmerie, les gardiens de prison, la police. Et je me souviens que Victor Hugo disait « ouvrir une école c’est fermer une prison. » Il avait donc doublement raison ce cher Victor puisque aujourd’hui on prouve a contrario que fermer des écoles c’est ouvrir des prisons.

Alors bleu ciel ou bleu marine moi j’ai choisi. Qu’on me comprenne, je ne dis pas qu’il faut supprimer les représentants de l’ordre mais un pays qui fait le choix de la répression plutôt que celui de l’Education ne parie pas sur son avenir.

J’aurai beaucoup de mal à avoir un ami en bleu marine sauf s’il me prouve qu’il a encore le mot humanité dans son vocabulaire. Un neveu de mon hôte est entré dans la gendarmerie il y a deux ans. Il est déjà formaté : reconnaissance des délinquants à leur faciès, application très particulière des droits du présumé innocent qui en garde à vue a, entre autre, droit à trois repas par jour et 20 minutes pour prendre ses repas. La méthode employée est la suivante : on réveille l’individu à 1h00 du matin et on lui apporte un repas, puis un deuxième repas à 1h20 et un troisième à 1h40 et puis on le laisse 24 heures sans manger.

Voilà pourquoi le bleu marine obscurcit mon horizon.

lundi 8 septembre 2008

69 ans, l'âge érotique

La hauteur c’est 2.45 m, la longueur c’est 8.95 m, la perche c’est 6.14 m et la maternité c’est donc 69 ……ans. Gainsbourg l’avait annoncé et Mamie et ses sponsors l’ont fait !Et un record un ! Mère de triplés à 69 ans. Qui dit mieux ? La course est ouverte. Les chers chercheurs, les doctes docteurs, mettez vous au travail que diable et engrossez nous, sur la faïence de votre laboratoire la prochaine mère de plus de 70 ans nouveau record à battre.

Et puis dans la logique de votre zèle reproducteur pourquoi ne pas envisager de maintenir des femmes en survie artificielle en leur laissant juste la fonction reproductrice. Vous me dites que ça fera des zombis et alors où est le problème ? On a besoin de zombis et comme çà on n’aura pas besoin de les fabriquer à coup de décervelement télévisuel.

Que dites vous ? Je suis cynique. Ah bon ? Peut-être mais d’abord c’est pas moi qui ai commencé et ensuite je n’arrive pas à la cheville de nos décideurs.

Cela me rappelle un petit monologue…..

Quand on est petit on demande

-Comment on fera l’amour quand on sera grand ?

En grandissant la question devient :

-Comment on fait les enfants ?

Et puis quand on est devenu grand on demande

-Comment on fait l’amour sans avoir des enfants ?

Aujourd’hui la question est devenue :

-Comment peut on faire des enfants sans faire l’amour ?

Alors moi je pose la question :

Que deviendront ces enfants faits sans Amour ?

dimanche 31 août 2008

Le temps de manger

Les dieux sont au-dessus des contingences terrestres mais nous avons en commun avec vous quelques travers . Ce que vous appelez des défauts et qui ne sont en fait que des traits grossis comme ceux des caricaturistes. Et il est très agréable, même pour un dieu, de s’entendre flatter. Vous devez penser que c’est notre quotidien, que les prières montent vers nous à plein chapelet, que rien n’est trop beau pour Dieu comme disait le curé d’Ars. Il n’en est rien. La plupart de ces artifices font comme les fusées du même nom et retombent avant d’avoir atteint les premières nuées. Au sujet de vos supplications aux dieux de toutes les chapelles je vous invite à réfléchir à ce que disait Karen Blixen dans « Out of Africa » : « Quand les dieux veulent vous punir, ils exhaussent nos prières ». Pensez y la prochaine fois.



Je constate avec désespoir (et pour désespérer Hadès il en faut…) je constate donc cette énergie que vous déployez à gagner du temps pour pouvoir en perdre davantage. Et cette folie accélératrice va se nicher dans toutes vos activités y compris tout ce qui touche à l’alimentation. Hier soir une amie de mon hôte lui disait qu’elle avait envoyé ses enfants chercher à manger chez « Mac Do ». Je me suis renseigné sur cette enseigne. C’est effrayant : la réflexion qui a mené ce monsieur à lancer sa chaîne (le mot est bien choisi) de magasins est la suivante : il voulait pouvoir trouver, partout et à tout heure dans ses déplacements, le même plat qu’il connaissait. Voilà la philosophie de ce boui-boui. L’ennui naquit un jour de l’uniformité disait le poète. Manger partout et toujours la même chose et le plus vite possible. Tu parles d’un programme ! Quelle pauvreté ! Moi qui ne rêve que de découvrir de nouveaux plats, de nouvelles cuisines, de nouveaux fruits. Ouvrir son goût c’est l’éveiller, le développer, et par la même occasion c’est découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles personnes, de nouvelles cultures. On dit d’ailleurs partager un repas et cela dépasse la nécessité biologique de faire fonctionner la machine. Et quand on a partagé un repas avec quelqu’un, on a fait un savant mélange de saveurs, d’esprit et d’humanité. On se connaît mieux et quand on connaît l’autre on n’a plus peur de lui et quand on n’a pas plus peur de lui on n’a plus envie de lui faire la guerre. Conclusion : si les américains sont les plus va t en guerre sur votre planète c’est qu’ils sont gavés de Mac Do. CQFD

Depuis que l’homme est homme on mesure le degré de son évolution par différents marqueurs. On a ainsi observé qu’avec le temps on trouvait moins d’éclats perdus sur les sites où vos ancêtres taillaient les silex ce qui révélait une maîtrise progressive du geste. Il en va de même avec la recherche de la nourriture. A l’aube de votre humanité, quand vos lointains cousins ressemblaient déjà aux supporters du PSG, cette tache (je veux parler de la recherche de nourriture et pas des supporters du PSG ...quoique...) cette tache prenait tout votre temps. Au fil de l’évolution elle en a nécessité de moins en moins et aujourd’hui on peut régler çà en deux coups les gros. On dit que c’est un progrès….je n’en suis pas sûr. Le plaisir du choix du menu,de la préparation seul ou à plusieurs, de la préparation, du service, du goût partagé, de la découverte, je pourrai continuer ainsi pendant longtemps. Et ce temps serait du temps perdu? Mais c'est exactement le contraire!Vous ne savez plus faire de pose pour manger comme pour le reste. Réfléchissez à mon conseil en le suivant à la lettre « prenez le temps » c’est ainsi que vous le maîtriserez.